Le bonheur, un service à la population

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Point de vue
Le Soleil

Jusqu'où peut-on presser le citron? Combien de bûches peut-on ajouter à la fournaise? Certains jouent politiquement à un jeu dangereux avec les employés de nos réseaux actuellement au Québec.

J'ai atteint un point de rupture la semaine dernière. J'ai atteint mon point de rupture en allant porter mes enfants à mon CPE et en voyant qu'à force de «petites coupures n'affectant pas les services à la population», on avait tranquillement grugé dans les moments de planification des éducatrices, dans les moments de conception du cahier souvenir de nos enfants, possiblement dans des moments de rencontre d'équipe, tous ces petits moments de travail, plus calmes soit, mais de travail tout de même, pour ces femmes qui gagnent une fraction du salaire qu'elles méritent. Et en grugeant tranquillement dans ces moments tout en leur demandant de livrer des services à la population sans rupture, on teste la limite. On teste pour voir jusqu'où elles vont tenir.

Je suis en colère de nous voir collectivement prendre ce risque; comme on le prend avec les médecins dont nous parlait le docteur D'Amours dans son entrevue avec Mylène Moisan, comme on le prend avec les infirmières, avec les enseignants, avec toutes celles et tous ceux qui s'investissent auprès d'humains.

Qui, croyez-vous, tombera en premier? Celui qui est capable de quitter le bureau même en sachant qu'il en reste à faire, que ses collègues sont dans le besoin? Ou bien celle qui, même si on la pressurise, continuera de faire «ce qu'il faut» pour le plus vulnérable, pour le plus dans le besoin?

C'est un jeu dangereux auquel nous jouons. Les emplois d'empathie, les emplois humains ont besoin de ces temps de réflexion sur leur pratique, de ces temps de concertation. Demander de donner du service au citoyen toujours et encore sans donner du service aux employés de nos CPE, de nos hôpitaux, de nos écoles, c'est prendre un risque, un gros risque.

Il faut laisser l'air entrer dans ces lieux de travail puisque le bonheur de ces employés, leur sourire est aussi un service aux citoyens et il ne peut s'imposer comme un horaire de travail ou une charge de dossiers.

François Talbot, Québec




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