Transports collectifs modernisés: éviter une erreur magistrale

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Le Soleil

C'est avec grand étonnement que nous avons appris dans Le Soleil du 31 mars dernier que le maire Lehouillier amputerait le projet de SRB (Service rapide par bus) de sa partie est afin de diminuer les coûts d'aménagement.

La Ville de Lévis se contenterait d'un axe vers la route des Rivières (secteur Saint-Nicolas) et d'un autre tronçon vers la rue Mercure (environnement de Costco et compagnie, à Saint-Romuald); autrement dit, elle ne desservirait que les nouveaux développements commerciaux et résidentiels qui gravitent autour des ponts. On voudrait ainsi diminuer les investissements requis de 615 à 215 millions $, sous prétexte que la Ville n'aurait pas les moyens de fournir, même 10 % de l'investissement global des gouvernements pour l'amélioration de ses infrastructures de transports collectifs sur son territoire.

Pourtant, l'administration en place se targue de vouloir poursuivre son développement effréné, mais comment poursuivre ce rythme de croissance sans vouloir y consacrer des sommes importantes à l'amélioration des déplacements, partie intégrante de la qualité de vie d'une ville?

Soustraire du projet l'arrondissement Desjardins, le plus populeux des trois avec plus de 56 000 habitants, qui concentre les principales institutions, la majorité des emplois du territoire (hôpital, cégep, collèges, cité Desjardins, commerces, etc.) et une population habitant des zones de plus forte densité urbaine (souvent moins fortunée) constitue non seulement une erreur, mais une aberration. Cette décision aura pour effet de défavoriser le développement économique et urbain futur au profit de l'ouest de la ville et plus particulièrement de la tête des ponts, ce qui remplira les goussets des grands promoteurs immobiliers déjà sur place.

Ce n'est certes pas avec un SRB tronqué, desservant une clientèle plus fortunée, de type banlieusarde et encore plus attachée à sa voiture qu'ailleurs, que la Ville règlera sa problématique de circulation des personnes sur son territoire. De plus, d'où sort cette solution improvisée peu visionnaire? À ce que je sache, il n'y a pas eu de consultations récentes des usagers et des contribuables sur le sujet.

Pas les moyens

Parmi les arguments évoqués pour réduire le projet à une peau de chagrin, il y a, selon le maire Lehouillier, la faible capacité de Lévis à payer sa part. Il va même jusqu'à ajouter que Lévis «n'a pas les mêmes moyens que Québec», qui eux semblent prêt à souscrire les 10 % manquants de fonds publics pour le projet. Pourtant, à chaque budget de la Ville de Lévis, lorsqu'on questionne l'endettement croissant (près de 400 millions $), on nous répète ceci: «L'endettement de Lévis n'est vraiment pas problématique. La dette représente en fait 6611 $ par propriétaire foncier, comparé à 11 028 $ à Québec. Quand on regarde notre endettement par rapport à la richesse foncière uniformisée, c'est la moins élevée des grandes villes au Québec» (Le Soleil, 14 décembre 2016).

Le 27 mars dernier, en point de presse, le maire soutenait que «ses citoyens n'ont pas la capacité financière de payer une facture qu'il évalue à 30 millions $» soit le tiers de la contribution potentielle des deux villes concernées. Ce n'est pas si énorme que ça, si on se rappelle la somme de près de 20 millions $ consacrée par l'administration Force 10 -Roy Marinelli entre 2010 et 2013 pour valoriser (en fournissant les infrastructures nécessaires) les terrains commerciaux privés au nord de l'autoroute à l'est de la rue du Sault à Saint-Romuald...

Avec les problèmes de congestion qui ne cessent de s'aggraver, est-ce que la Ville peut vraiment se permettre d'opter pour un mini-SRB? Comment peut-elle raisonnablement soustraire son secteur le plus populeux et le plus actif sur le plan urbain et économique (Desjardins) et penser appliquer une solution d'avenir pour le transport collectif à Lévis?

Gaston Cadrin, géographe environnementaliste et ex-président de Lévis Autrement et Renouveau Lévis




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