Trop d'incompétence et pas assez d'imputabilité

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Le texte d'Andrew Potter dans la revue Maclean's a provoqué bien des remous et des discussions au Québec dans les derniers jours.

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Le Soleil

En démissionnant de son poste, Andrew Potter, directeur de l'Institut d'études canadiennes de l'université McGill, est devenu, malgré lui, un «modèle de sens de responsabilités» quant au manque de jugement relié à sa fonction. Après la diffusion de son analyse sur la cause de l'échec de l'appel à l'aide des 300 automobilistes pris dans la dernière tempête, il a reconnu dès le lendemain avoir manqué de jugement dans son analyse en accusant à tort, le Québec d'être une société «presque pathologiquement aliénée».

En faisant son mea culpa, monsieur Potter admet non seulement son manque de jugement pour décrire la société québécoise, mais aussi et surtout qu'il était devenu inapte à occuper ses fonctions en publiant son opinion dans la revue Maclean's. Il reconnaît par sa faute, ce «désastre parfait». La crédibilité de l'Institut d'études canadiennes et de l'Université McGill était en jeu.

Maintenant, qu'en est-il du «désastre parfait» durant la tempête et l'immobilisme face au chaos de l'autoroute 13? La vérificatrice générale du Québec, dans son rapport, nous a donné une partie de la réponse, qualifiant le ministère des Transports du Québec de «dédale bureaucratique incapable d'assurer la saine gestion des contrats publics». Elle poursuit en parlant de culture de «déresponsabilisation» en faisant référence à la multiplication des politiques, directives et contrôles de ce ministère, qui alourdit inutilement la prise de décision.

Le cafouillage sur l'autoroute 13, n'a-t-il pas confirmé à merveille l'inefficacité du ministère des Transports du Québec et son absence d'imputabilité? Pourtant, personne n'a jusqu'à maintenant reconnu quelque tort que ce soit, idem pour la Sûreté du Québec ou la Sécurité civile. Pris au dépourvu, le gouvernement du Québec a commandé en catastrophe un rapport pour analyser ce «désastre parfait» en refusant d'assumer pour l'instant toute responsabilité directe.

Force est de constater qu'il existe une culture qui entretient l'incompétence, le manque de jugement et l'absence d'imputabilité dans certaines organisations publiques. Chaque année, les contribuables paient pourtant 100 milliards $ d'impôts et de taxes au gouvernement du Québec, n'est-il pas normal de se questionner sur le cafouillage bureaucratique? On se demande pourquoi tant de citoyens sont devenus aussi cyniques face à la gouvernance publique et l'absence d'imputabilité des politiciens.

J'espère qu'Andrew Potter servira d'inspiration au gouvernement du Québec pour que justice soit faite et que ceux ou celles qui n'ont pas assumé leurs responsabilités aient l'humilité de démissionner. Sinon, comment peut-on avoir confiance à la bonne gestion de nos institutions publiques en protégeant des décideurs qui n'ont aucun jugement et sens des responsabilités?

Jean Baillargeon, Québec




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