Budget du Québec: un surplus... de promesses rompues

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Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão

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Le Soleil

Le gouvernement Couillard n'hésite pas à se vanter d'avoir sauvé les finances publiques. Ce qu'il ne dit pas, par contre, c'est que les surplus accumulés proviennent en grande partie de ses promesses rompues.

Rappelons-nous que lors de la dernière élection, le Parti libéral promettait que les budgets de la santé et de l'éducation seraient augmentés respectivement de 4 % et 3,5 % par année. On est encore loin de cette promesse. C'est plutôt à un rythme de 2,7 % et 2,3 % qu'il a daigné augmenter les ressources accordées aux missions «premières» de l'État. Si la tendance se maintient pour 2017-2018, ce sera près de 3 milliards de dollars de moins qui seront investis dans les services publics (2,1 milliards en santé et 1,1 milliard en éducation).

C'est donc dire que le surplus actuel du gouvernement du Québec provient essentiellement des compressions qu'il a imposées dans les services publics.

Bénéficiant d'une marge de manoeuvre budgétaire importante, et afin de séduire l'électorat, les libéraux vont saupoudrer à gauche et à droite des annonces « d'investissements » dans les services si précieux pour la population. Si la valse des millions semble étourdissante, nous devons nous méfier : le pansement est bien souvent plus petit que la plaie!

Il faudra d'abord que le gouvernement accorde des réinvestissements qui couvrent les coûts de systèmes : c'est-à-dire l'augmentation nécessaire pour simplement maintenir les services à leur niveau actuel, sans les détériorer par de plus amples compressions. Pour l'instant, le plan de match du ministre Leitão n'y arrive même pas; il accuse un manque à gagner de 770 millions $.

Il faudra ensuite commencer à réparer les pots cassés, redonner de l'oxygène aux services et venir appuyer les personnes qui y travaillent. Avec une marge de manoeuvre qui devrait dépasser les 2 milliards $, le gouvernement est en mesure de relancer les taux de croissance des budgets près des niveaux que nous connaissions avant l'austérité du fameux Plan de retour à l'équilibre budgétaire de 2009. Pour prétendre faire des « réinvestissements » en santé, en éducation et dans les autres services de l'État, le gouvernement devra autoriser des augmentations dépassant les 5 % (5,8 % en santé et 5,5 % en éducation). Il tiendrait ainsi sa promesse d'ici 2018.

Pour éviter que le budget du ministre Leitão ne soit qu'un remix du classique de Dalida Paroles, paroles, les réinvestissements devront être importants. Les besoins sont partout légion, les dégâts à réparer sont nombreux et les attentes de la population sont immenses. De nouvelles ressources doivent être acheminées rapidement partout sur le terrain. La marge de manoeuvre est présente. Tout ce qui manque c'est la volonté politique.

Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)




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