Un amalgame douteux qui fausse la réalité

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Richard Perron, président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec.

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Le Soleil

Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) condamne vigoureusement les conclusions d'une «étude» de l'Institut Fraser qui affirme que les employés du secteur public gagnent un salaire de 9,1 % supérieur en moyenne à celui des employés comparables du secteur privé.

Les années se suivent et se ressemblent! Encore une fois, l'Institut Fraser induit dangereusement le public en erreur, car il ne fait aucune distinction entre les fonctionnaires provinciaux, municipaux et fédéraux. Pourtant, ces deux derniers ont une rémunération globale de 18,7 % à 41,5 % supérieure à celle des fonctionnaires provinciaux.

Plutôt que d'effectuer de simples amalgames qui faussent la réalité, l'Institut Fraser devrait se pencher avec rigueur sur les résultats des enquêtes de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), qui concluent que le salaire des employés de l'administration publique québécoise est inférieur de 9,3 % à celui de l'ensemble des autres salariés du Québec.

En retirant son voile de think tank de droite, l'Institut Fraser constaterait ainsi que les employés de l'administration québécoise sont les parents pauvres du secteur public. Cette organisation devrait revoir sa façon de réaliser ces fameuses études. Grassement pourvu par les mieux nantis de la société, cet organisme sert de prétexte à la mise en place de politiques économiques qui favorisent ses pourvoyeurs. 

L'étude de l'Institut Fraser se concentre sur la comparaison des salaires, mais elle ne calcule pas la rémunération globale par heure travaillée. Ces résultats ne couvrent donc qu'un nombre très restreint d'éléments faisant partie de l'enveloppe de rémunération. L'approche méthodologique retenue par l'Institut est basée sur l'enquête sur la population active de Statistique Canada. L'étude est donc complètement faussée, car on ne compare pas des situations comparables.

L'intérêt des plus riches

À l'approche des budgets fédéral et provincial, ces think thank à la solde du 1 % des plus riches et des grandes entreprises continuent d'utiliser de façon partiale les chiffres afin d'encourager le désinvestissement dans le secteur public, en tentant de faire croire aux contribuables qu'ils paient trop cher les employés de l'État.

La recette est déconcertante de simplicité : d'abord endetter les gouvernements pour sauver les grandes banques et les géants de l'automobile des conséquences de leur propre incurie. Ensuite, justifier de sabrer les services publics au nom du retour à l'équilibre budgétaire, devenu soudainement religieusement important - en fait, au Québec, ce sont des surplus avec le Fonds des générations. Puis, réinvestir ces surplus par des baisses d'impôts qui minent la capacité du gouvernement de réinvestir dans les services publics et qui profitent aux mieux nantis, leur permettant ainsi d'investir leurs surplus en spéculations bancaires et boursières. Avec en plus, la possibilité d'envoyer facilement les profits engrangés dans des paradis fiscaux!

Quand cesserons-nous d'être aussi facilement dupés?

Richard Perron, président du SPGQ




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