Le chômage et le faible pouvoir d'attraction de Québec

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Il existe un autre beau mystère de Québec. Depuis quelque temps, les données de l'enquête mensuelle sur la population active placent la région de Québec dans la position enviable du plus faible taux de chômage des régions métropolitaines de recensement (RMR) canadiennes. Est-ce matière à pavoiser ou le reflet d'une importante faiblesse?

Statistique Canada publie les données de 33 RMR qui comptent au moins 100 000 habitants avec un noyau urbain d'au moins 50 000 personnes. La RMR de Québec inclut la ville de Lévis.

La troisième colonne du tableau 1 donne la moyenne mensuelle des taux de chômage au cours de l'année 2016 pour les neuf RMR les plus populeuses, Québec se situant au septième rang. Comparativement au taux de chômage de 7,0 % pour le Canada, la RMR de Québec conserve un taux de 4,6 %. Elle se démarque avantageusement des autres régions populeuses.

En accord avec le titre d'un récent texte publié dans une revue américaine par un universitaire québécois, peut-on conclure : Nordique Tiger. Quebec City, an unlikely Canadian success story?  Malheureusement, l'évolution relative de sa population ne le suggère pas. 

L'évolution relative de la population 

Les quatre dernières colonnes du tableau 1 indiquent l'accroissement quinquennal de la population des neuf RMR les plus populeuses depuis deux décennies. Comment la RMR de Québec se compare-t-elle avec des régions plus grosses et aussi avec des régions similaires?

La RMR de Québec ne brille pas par la croissance relative de sa population. Bien qu'elle soit un centre urbain majeur, l'accroissement de sa population est inférieur à celui de l'ensemble du Canada pour trois périodes sur quatre. 

De plus si on se limite aux sept RMR les plus populeuses, les régions de Québec et de Montréal font piètre figure : elles conservent les derniers rangs pour les quatre périodes. La RMR de Québec est dernière sauf pour la période récente où elle surpasse Montréal avec 4,3 contre 4,2 %. Les populations des régions de Québec et de Montréal sont donc en déclin relativement aux centres urbains majeurs.

Qu'en est-il de Québec par rapport avec les régions comparables que sont Winnipeg et Hamilton, les trois régions se situant entre 750 et 800 000 personnes en 2016? Ces trois régions ont des évolutions de population qui ont de la difficulté à atteindre le taux de croissance de tout le pays : Québec et Winnipeg le dépassent une période sur quatre et en aucun cas pour Hamilton.

Un faible pouvoir d'attraction

Malgré un faible taux de chômage, le pouvoir d'attraction de la RMR de Québec est faible. C'est manifeste du côté des personnes nées à l'extérieur du Canada. Après l'Australie, le Canada se distingue par l'importance des immigrants dans la population, soit une personne sur cinq en 2011. 

Comme le montre la deuxième colonne du tableau 1, la RMR de Québec se démarque nettement par la très grande homogénéité de sa population avec une part de seulement 4,4 % des immigrants. Cet écart d'environ 15 unités de pourcentage avec la part canadienne et avec celle des régions comparables existe aussi pour la RMR de Montréal relativement aux RMR de Toronto et de Vancouver.

La RMR de Québec peut de moins en moins compter sur les régions québécoises traditionnelles de migration. Les taux de fécondité depuis 1970 ne permettent pas le renouvellement de leur population mais plutôt un vieillissement. Les migrations passées les ont aussi affaiblies. C'est ainsi que les régions économiques de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Côte-Nord et Bas-Saint-Laurent ont diminué de population entre 2011 et 2016. Les régions du Saguenay-Lac-Saint-Jean, d'Abitibi-Témiscamingue et de la Mauricie connurent de faible croissance de population d'un pour cent ou moins. 

Sur une plus longue période

Il est intéressant de regarder l'évolution relative de longue période pour la population des deux régions métropolitaines du Québec avec leur contrepartie ontarienne (tableau 2). La situation a beaucoup changé depuis 1951 lorsque la population de la RMR de Québec était approximativement égale à celle d'Ottawa-Hull et que la RMR de Montréal avait une population supérieure de 25 % à celle de Toronto. Aujourd'hui, Québec a les trois cinquièmes de la population de la région d'Ottawa-Gatineau et Toronto dépasse Montréal d'environ 30 %. 

Conclusion

Les différentes données montrent que les présents bas taux de chômage de la RMR de Québec cachent un faible taux d'attraction de la région qui est un phénomène durable. De plus, les deux plus importantes régions métropolitaines du Québec sont en déclin si on les compare aux plus importantes régions canadiennes et à l'ensemble du Canada.

Gérard Bélanger, Professeur retraité du Département d'économique de l'Université Laval, Québec




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