Laïcité de l'État : le temps est venu d'agir

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La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée

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Le Soleil

La récente décision de la ministre Vallée de suspendre l'étude du projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l'État n'avait rien de surprenant. Il faut saluer ici la lucidité d'une ministre qui réalise avant qu'il ne soit trop tard que de pousser plus loin l'étude d'une pièce législative aussi bancale qu'inopérante ne servirait personne. Par contre, il faut également constater que le laisser-aller du gouvernement libéral depuis près d'une décennie à l'égard du dossier de la laïcité de l'État a été dommageable pour l'ensemble de la société. Cela a généré de l'inquiétude et de l'insécurité, tant chez les différentes communautés culturelles que dans la communauté d'accueil. La procrastination n'a jamais permis d'apaiser de telles tensions.

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec est intervenu très tôt dans ce débat en faveur d'une Charte de la laïcité et de règles claires, tant en ce qui concerne les accommodements religieux que pour le port de symboles religieux par le personnel de l'État. En l'absence de règles claires, c'est trop souvent sur les épaules de nos membres que repose le fardeau de trancher entre le permis et le proscrit en ce qui a trait aux accommodements religieux dans l'accès aux services publics. Ce sera le cas tant et aussi longtemps que le gouvernement libéral continuera son interminable tergiversation.

Si nous ne réglons pas les grands principes devant guider l'État québécois dans son rapport au religieux, nous retomberons à intervalle régulier dans des psychodrames à ce sujet. Il s'agit d'un débat nécessaire, qui doit trouver une fin ou, au minimum, accoucher d'une sérieuse avancée qui ira plus loin que ce qui est actuellement présenté.

Le recul de la ministre Vallée constitue une opportunité pour le Parti libéral du Québec de laisser tomber les faux semblants et de proposer des changements réels. Il nous semble qu'un certain consensus s'était dégagé dans la société québécoise, minimalement autour de la primauté de l'égalité entre les hommes et les femmes, de la nécessité d'un devoir de réserve et de la neutralité des employés de l'État, de l'interdiction du port de symboles religieux pour les employés de l'État en situation d'autorité, de l'obligation de rendre et de recevoir un service public à visage découvert et de baliser clairement l'autorisation d'accommodements raisonnables de l'État.

Ce consensus rejoint en grande partie les revendications du SFPQ concernant la laïcité de l'État. Le temps est venu pour le gouvernement d'agir et de démontrer une ouverture aux idées des autres. Le premier ministre doit se montrer à la hauteur de ses fonctions et mettre derrière lui toute préoccupation de nature partisane. L'intérêt supérieur du Québec le commande et les citoyens le réclament.

Christian Daigle, président général, Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec




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