«#OnVousCroit»: le RQCALACS s'explique

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Pour commencer un cheminement visant à surmonter les conséquences des agressions sexuelles subies, les victimes ont besoin d'être accueillies, entendues et crues, souligne l'auteur.

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Point de vue
Le Soleil

Ça fait maintenant presque un an et demi qu'on propage le message «#OnVousCroit» dans les médias traditionnels et sociaux lorsqu'il est question de violence sexuelle. Depuis, on nous reproche de croire les yeux fermés, on nous accuse de sexisme inversé et de nous penser au-dessus des lois, on nous traite d'extrémistes et on nous dit que notre message nuit à notre crédibilité. À tous-tes les sceptiques, qui jugent que notre message «#OnVousCroit» est futile, vous trouverez, dans les lignes qui suivent, les raisons pour lesquelles nous ne cesserons pas de l'utiliser.

Rappelons d'abord le contexte dans lequel la campagne «#OnVousCroit» a été lancée en novembre 2015 : un an après le mouvement «#AgressionNonDénoncée», le Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) souhaitait souligner le courage des milliers de femmes qui avaient choisi de briser le silence. La campagne «#OnVousCroit» visait spécifiquement, d'une part, à manifester notre soutien à toutes les victimes d'agression sexuelle (viol, harcèlement, attouchements, etc.) et, d'autre part, à rappeler l'importance pour les survivants-tes d'agression d'être crus-es au moment de leur dévoilement à des proches.

Pour commencer un cheminement visant à surmonter les conséquences des agressions sexuelles subies, les victimes ont besoin d'être accueillies, entendues et crues. Malheureusement, en plus de 35 ans d'intervention auprès des survivantes, les CALACS ont constaté que 63 % des femmes et des filles qu'ils reçoivent ne sont pas crues lors de leur premier dévoilement à des proches ou aux autorités. Ce constat explique pourquoi les survivantes prennent en moyenne 13 ans avant d'aller chercher de l'aide dans les CALACS. Le problème, c'est que pendant toutes ces années où elles ne reçoivent pas de soutien adéquat, les conséquences des agressions à caractère sexuel se cristallisent et s'amplifient. Au contraire, lorsqu'elles sont crues dès leur premier dévoilement, les victimes peuvent plus rapidement travailler à surmonter les conséquences des agressions subies, diminuant ainsi, de manière considérable, l'impact de celles-ci sur leur vie. Les conséquences de la violence sexuelle pouvant être aussi graves que des tentatives de suicide et des troubles de santé mentale, croire les victimes d'agression sexuelle, finalement, devient un enjeu de santé publique qui concerne toute la société.

«#OnVousCroit», une déclaration politique

La campagne «#OnVousCroit» porte également un message politique, en mettant en lumière l'incapacité du système judiciaire à rendre justice aux victimes d'agressions à caractère sexuel. Les chiffres sont alarmants : seulement trois plaintes pour agressions sexuelles sur 1000 se soldent par une condamnation (JURISTAT, 2014). Plusieurs éléments peuvent expliquer cette statistique : les hauts taux de dossiers classés infondés révélés dans le Globe & Mail récemment, le fait qu'il soit extrêmement difficile de démontrer en cour, hors de tout doute raisonnable, qu'une agression a été commise et les fausses croyances entourant la violence sexuelle qui font que certaines expériences de violence sexuelle sont jugées plus crédibles que d'autres.

Par exemple, la crédibilité d'une victime peut être réduite en raison de son statut socioéconomique, de son orientation ou de son identité sexuelle, d'un problème de santé mentale, de son origine ethnique ou de tout autre facteur la mettant en marge de notre société. «#OnVousCroit» cherche donc à renverser ces préjudices qui visent les victimes d'agression en les invitant à briser le silence autour de la violence sexuelle qu'elles ont subie, malgré les cas largement médiatisés où des présumés agresseurs sont blanchis par le système judiciaire. 

Enfin, lancer le message «#OnVousCroit» ne revient aucunement à nier qu'il peut arriver qu'une allégation d'agression sexuelle s'avère fausse. Scander «#OnVousCroit» souligne tout simplement que statistiquement parlant, les chances que la victime dise vrai mais ne soit pas crue sont plus élevées que les chances qu'une personne soit faussement accusée (les statistiques parlent de 2 % à 8 %). 

Les CALACS ne se pensent donc pas au-dessus de la loi lorsqu'ils utilisent le mot-clic «#OnVousCroit». Ce message, contrairement à ce que certains-es semblent penser, n'enverra personne en prison, les CALACS n'ont évidemment pas ce pouvoir. Par contre, «#OnVousCroit» permettra à plusieurs femmes et adolescentes de se sentir écoutées, appuyées et prêtes à briser le silence afin de commencer à surmonter les conséquences des agressions subies. Et c'est principalement pour cette raison que nous continuerons à crier haut et fort : On vous croit! 

Stéphanie Tremblay, agente de communication au RQCALACS, Montréal




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