La pauvreté de M. O'Leary

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L'homme d'affaires Kevin O'Leary, qui brigue la direction du Parti conservateur

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Le Soleil

Lettre ouverte à Kevin O'Leary,

Ou peut-être devrais-je dire: pauvre Monsieur O'Leary. Vous êtes financièrement bien riche mais vous semblez me prouver que vous êtes intellectuellement et humainement bien pauvre.

Vous êtes né à Montréal et vous y avez passé une bonne partie de votre enfance même si vous avez obtenu un diplôme secondaire dans une école d'Ottawa. Vous auriez aussi passé deux ans au Collège militaire royal de Saint-Jean où, à ma connaissance, l'enseignement était obligatoirement bilingue. Et malgré toute cette exposition au français et un environnement francophone, vous êtes demeuré unilingue? Désintéressement de l'autre solitude? Une triste réalité bien canadienne, malheureusement.

Je n'écris pas souvent dans les colonnes d'opinion des lecteurs de journaux. Je travaille de longues heures comme chirurgien à l'IUCPQ et la campagne au leadership du PCC me laissait assez indifférent, au mieux me faisait sourire. Mais votre vidéo en train de «jouir» sur une mitraillette, à Miami, mise en ligne le jour des funérailles de trois de mes concitoyens de Québec, tués à moins de cinq minutes de marche de mon lieu de travail m'a tellement choqué que j'ai décidé de sacrifier un peu de repos ce soir pour réagir. J'ai aussi été encouragé par le message de mon député de Louis-Hébert, Joël Lightbound.

Que savez-vous des minorités, toutes les minorités : religieuses, linguistiques, sexuelles, politiques? Que faites-vous dans une course politique canadienne quand vous habitez les États-Unis et jouez de la mitraillette à Miami?

Dans Wikipédia, sur vous, je vois la citation suivante : «O'Leary developed a persona as a blunt, abrasive investor, who at one point told a contestant who started crying : Money doesn't care. Your tears don't add any value.» Quelle belle illustration de votre pauvreté humaine, misérable. Au fond, vous me faites un peu pitié. Restez donc aux États-Unis à admirer votre semblable, le président actuel.

J'ose espérer que les membres du Parti conservateur ne vous éliront pas à leur tête. Mais si jamais une telle «trumperie» survenait, cela fouettera mes ardeurs à au moins supporter le parti qui aura le plus de chances de vous défaire à des élections générales canadiennes. Et je m'engage même à envoyer un chèque pour la campagne du candidat qui aura le plus de chances de vous battre dans l'éventuelle circonscription où vous vous présenteriez.

Bien sûr, vous ne pourrez pas me lire, sauf la citation en anglais. Il y aura bien un francophone de service, député ou secrétaire, tapis bleu, pour vous traduire ma lettre.

En terminant, je réitère mon souhait le plus cher, pour vous et pour mon pays : restez donc aux États-Unis et laissez tomber cette course politique. Dans le cas contraire, vous, l'investisseur, je vous recommande d'acheter des parts d'industries pharmaceutiques qui produisent des anti-nauséeux. Les ventes vont sûrement exploser au Canada.

Rosaire Vaillancourt, Québec




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