Suicides chez les Premières Nations: urgence d'agir

C'est entouré de quatre ministres et des grands... (La Presse canadienne, Jacques Boissinot)

Agrandir

C'est entouré de quatre ministres et des grands chefs autochtones, dont Ghislain Picard (à droite), de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, que Philippe Couillard s'est adressé aux médias après le dévoilement du mandat de la commission d'enquête.

La Presse canadienne, Jacques Boissinot

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
Le Soleil

Le 14 janvier dernier, le coroner Me Bernard Lefrançois a déposé son rapport sur le décès par suicide de cinq personnes, en 2015, dans la communauté de Uashat Mak Mani-Utenam. L'enquête du coroner a été instituée à la suite du cri d'alarme des autorités locales et des familles qui jugeaient la situation assez inquiétante pour qu'elle justifie un regard plus approfondi des causes à l'origine de cette tragédie. On ne peut pas parler de suicide sans permettre aux familles de partager leur vécu, car elles sont aussi des victimes. Nous saluons que le coroner ait saisi cette occasion.

Des situations comme celles auxquelles nos peuples sont confrontés seraient jugées inacceptables pour la population québécoise et canadienne. La majorité des recommandations du coroner confirme ce que nous ne cessons d'exiger, c'est-à-dire nous permettre de travailler en amont de situations comme celles qu'il a examinées.

Nous menons de grandes batailles pour rendre justice à nos peuples. Il faut plusieurs montées au front et surtout beaucoup de patience pour que les gouvernements reconnaissent, parfois du bout des lèvres, leurs torts et que des excuses soient finalement prononcées. Nous acceptons de nous engager dans la voie de la réconciliation. L'idéal que nous recherchons comme peuples est mis au défi par un mal d'être qui perdure. Le rapport du coroner illustre malheureusement trop bien cette réalité.

Nous sommes conscients des responsabilités que nous avons et nous reconnaissons que toutes nos instances, tant politiques que professionnelles, sont directement interpellées. Toutefois, nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que les appels à l'aide dirigés vers les gouvernements provincial et fédéral ne reçoivent pas d'écho.

L'urgence ici n'est pas l'abolition des réserves, ce n'est pas non plus l'abrogation de la Loi sur les Indiens. La réflexion sur la meilleure route pour se défaire du régime colonial, quoique essentielle et impérative, ne doit d'aucune façon empêcher la mise en place dès maintenant de solutions qui vont permettre à nos membres de se développer sainement et de participer activement à la vie de la société. Nos enfants méritent mieux.

Nos populations et plus particulièrement, les familles qui sont directement touchées par les trop nombreux cas de suicides, demandent des mesures concrètes et immédiates. Combien faudra-t-il de vies gaspillées pour que les gouvernements arrêtent de s'enliser dans la compassion et posent les gestes pour freiner ce mal de vivre. Nos peuples et plus spécialement nos jeunes devraient jouir de toutes les opportunités pour célébrer la vie au lieu d'y mettre fin.

Ghislain Picard

Chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer