Le salariat des médecins, une vraie solution

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Notre système de santé coûte cher: le plus gros budget de l'État (38% d'un budget total d'environ 100 milliards$). Ce n'est d'ailleurs pas un système de santé mais un système de soins (des maladies). Et avec le vieillissement de la population, les soins de plus en plus sophistiqués et le coût des médicaments, ce budget ne peut que frapper un mur!

J'apprécie les soins que je reçois quand j'en ai besoin. Mais je dois reconnaître (et accepter) que l'avenir du Québec passe beaucoup plus par sa jeunesse que par sa vieillesse (j'aurai bientôt 69 ans). Or nous consacrons presque deux fois plus pour les soins que pour l'éducation! Curieuse priorité pour une société: sans doute simplement parce que nous, les vieux, sommes maintenant plus nombreux que les jeunes.

La seule façon de réduire les coûts du système et d'axer enfin celui-ci sur la santé plutôt que sur les soins est de s'attaquer à l'un des tabous les plus redoutables au Québec: le monopole des médecins.  Les chercheurs en santé le disent depuis des décennies. Mais pas un seul gouvernement québécois n'a eu le courage de même soulever la question: «on ne touche pas aux médecins, spécialistes ou pas!»

L'IRIS (Institut de recherche et d'informations socio-économiques) ose enfin proposer l'impensable : le salariat des médecins, comme dans de nombreux autres pays. Ils seraient payés, comme par exemple au Royaume-Uni, quatre fois le salaire moyen des travailleurs actifs au pays (au lieu de 7.6 fois comme actuellement).

Le salariat des médecins proposé permettrait non seulement d'épargner 4.3 milliards$ par année (soit plus de 10 % du budget actuel du système), il déplacerait surtout le pouvoir dans le domaine de la santé et des services sociaux au profit de l'ensemble des intervenants. 

D'autres propositions de l'IRIS vont d'ailleurs dans le même sens, afin de prioriser la santé plutôt que le curatif : renforcement des soins de première ligne en redonnant leur autonomie et leurs budgets aux CLSC et en plaçant les GMF (groupes de médecine familiale) sous leur autorité (plutôt que d'être des entreprises privées médicales comme c'est le cas présentement).

J'apprécie grandement les individus médecins (j'en ai même plusieurs parmi mes amis). Mais je n'aime pas la caste médicale et son monopole qui dicte les priorités et s'accapare une portion indue des ressources collectives. Merci à l'IRIS d'oser ouvrir le débat.

Dominique Boisvert, Scotstown

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