Un hiver nucléaire à portée de Trump?

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Les propos de Donald Trump concernant la possible utilisation de l'arme nucléaire suscitent des craintes.

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Le Soleil

La possibilité d'une troisième guerre mondiale thermonucléaire a bel et bien été évoquée par le président désigné Donald Trump.

N'a-t-on rien appris de deux guerres mondiales? La destruction des villes et des villages, les souffrances sans nom, les morts, les blessés, la faim et les épidémies? La destruction des nobles idéaux de l'humanité? L'histoire se répète, dit-on, mais la voix des quelques survivants de l'Holocauste est maintenant à peine audible. Les Nations Unies ne peuvent que crier d'impuissance à la simple évocation d'un éventuel conflit nucléaire entre la Russie et les États-Unis.

Au-delà des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU qui ont signé le traité de non-prolifération, la France, l'Angleterre, les États-Unis, la Russie et la Chine, on assiste présentement à la prolifération des puissances nucléaires, ce qui accroît les risques d'un anéantissement total de l'humanité. L'ONU qui devait être un gouvernement mondial se révèle de plus en plus marginalisée, complètement dépassée par les guerres qui sévissent en Syrie ou en l'Irak. Peut-elle encore prétendre travailler à l'instauration d'une paix durable dans le monde?

Pourquoi cette nouvelle course aux armements nucléaires attisée par le couple Trump-Poutine? Pourquoi relancer l'idée de cette coûteuse escalade, aussi inutile qu'autodestructrice? Pour montrer qu'ils sont «les plus forts» et qu'ils «survivront». Le retour de la grande Russie contre la puissante Amérique. Ont-ils oublié l'argument de la dissuasion nucléaire qui condamne ceux qui ont l'arme atomique à ne pas s'en servir? 

Entendre parler le président désigné de façon inconsidérée et irresponsable donne froid dans le dos. «Nous aurons une course aux armements... s'il le faut, dit-il. Nous les dépasserons, quels qu'ils soient et à chaque étape, et nous leur survivrons.» Mais ce sera dans un désert de totale dévastation, car la planète ne résistera pas aux conséquences d'explosions des bombes atomiques du XXIe siècle. Contrairement à Barack Obama qui prônait le «non-usage en premier» de l'arme nucléaire (no first use), Trump déclare : «Nous avons des armes nucléaires pourquoi ne pas les utiliser...» mais contre qui? Contre l'Organisation de l'État islamique infiltré dans de nombreux pays, la puissance nucléaire est impuissante. 

Ce chantage à l'arme nucléaire est d'autant plus odieux et cynique qu'une telle course ne sert strictement à rien, l'arsenal mondial actuel ayant largement dépassé la capacité de détruire la planète. 

On a beau se rassurer en pensant que Trump n'a pas accès au code secret de la mallette surnommée «le Football» ou «le Biscuit» qui permet de déclencher un tir atomique. Le code est difficile à obtenir et à opérer, dit-on. C'est pourtant lui qui sera le commandant en chef. Il a affirmé qu'il ne craindrait pas de l'utiliser «au besoin», notamment contre la Corée du Nord, voire contre l'Iran avec lequel Obama a signé «le pire accord de toute l'histoire» [sic], un accord qu'il veut démanteler.

Quelles peuvent être les raisons de ce projet infernal et dantesque qu'est l'idée d'augmenter le risque de l'enfer nucléaire? L'orgueil de restaurer le pouvoir hégémonique de l'Amérique, «l'Amérique d'abord». Une Amérique qui devra acquérir «un système dernier cri de missiles défensifs» [sic] en prévision d'une attaque.

Si 300 bombes atomiques attaquaient une cible russe, 90 millions de Russes mourraient dans la première heure et demie. Dans les mois subséquents, une terrible dévastation rendrait la vie des survivants intenable en raison de maladies, de sécheresses et de famine à grande échelle. Les États-Unis disposent actuellement d'un arsenal de plus de 7000 armes atomiques et la Russie d'un peu plus. Rompre cette relative parité stratégique pourrait conduire à une catastrophe planétaire. En réalité on considère qu'un millier de bombes nucléaires seraient amplement suffisant pour assurer la sécurité des États-Unis. 

Plutôt que d'une course, c'est d'un désarmement nucléaire américain, russe et chinois dont le monde a besoin. Ce serait une décision éminemment raisonnable puisque ces pays pourraient économiser des sommes qui seraient avantageusement utilisées ailleurs. 

Il y a 53 ans, le président John Fitzgerald Kennedy lançait la «course pour la paix». Après lui, le républicain Ronald Reagan relançait la course au nucléaire pour retrouver un «pouvoir de dissuasion» nécessaire à l'établissement d'une paix durable. Donald Trump homme d'affaires prospère ferait mieux d'utiliser le «pouvoir du commerce» s'il veut calmer les prétentions de la Chine, et tenir en respect la Russie. 

Les savants sont capables de dater l'apparition de la planète Terre dans l'univers. Ils savent qu'un jour elle disparaîtra. La bêtise de certains irresponsables démocratiquement placés aux commandes de l'avenir de l'humanité pourrait bien en accélérer l'issue. Que Dieu nous préserve de cette folie!

Jean-Louis Bourque, politologue, Québec

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