Silence sur nos premiers de classe...

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Les élèves québécois se sont distingués dans la dernière étude PISA, terminant au troisième rang mondial en mathématiques, au quatrième en lecture et au cinquième en sciences.

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Le Soleil

L'OCDE a publié au début décembre les résultats de son dernier Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), où sont comparés les résultats des élèves de 72 nations et économies développées dans le monde en sciences, en mathématiques et en lecture. Lors de cette dernière étude PISA (2015) réalisée aux trois ans, le Québec s'est distingué, terminant au troisième rang mondial en mathématiques, au quatrième en lecture et au cinquième en sciences.

Contrairement à ce qui est souvent véhiculé dans les médias par de nombreux chroniqueurs, animateurs et éditorialistes, le Québec faisait figure de premier de classe lorsque comparé au reste de l'Occident. En lisant cette nouvelle reléguée dans un petit encadré en page 18 d'un grand quotidien, je m'attendais naïvement à ce que nos gérants d'estrade patentés, qui lèvent toujours la main quand vient le temps de casser du sucre sur le dos du système scolaire québécois et qui ne manquent jamais d'épithètes négatives pour le critiquer, aient assez d'honnêteté intellectuelle pour souligner les bons résultats de cette étude qui vient d'ailleurs confirmer les résultats similaires des études PISA précédentes: les élèves du Québec sont parmi les meilleurs au monde. Point. Je n'ai malheureusement vu que quelques entrefilets mièvres passer en cours de journée, dont l'un qui vantait «le système scolaire canadien» (alors que l'éducation est de ressort provincial).

Je ne m'attends pas à ce que les trolls, haters et autres cancres recyclés qui sévissent sur le Net et n'ont pas le courage de signer leurs commentaires destructeurs soient capables de reconnaître ces résultats à leur juste valeur. Si cette lettre ouverte est publiée, vous pourrez d'ailleurs le constater.

Cependant, il me semble anormal que nos grands médias soient plus enclins à faire la une avec des faits divers de cour d'école qu'avec les résultats d'une étude internationale de très grande envergure. Aussi, quand on fait ses choux gras en présentant ou en commentant un certain Palmarès des écoles du Québec, il est troublant de ne pas mettre la même énergie à publier et à commenter les résultats d'un «palmarès» mondial aux pratiques méthodologiques très rigoureuses. Aurait-il donc fallu que les résultats du PISA aient été négatifs pour qu'on en parle? Les résultats du PISA 2015 indisposeraient-ils ceux qui carburent à la mauvaise nouvelle, au sensationnalisme purement provocateur et au Quebec bashing? La question se pose.

Tout ne va pas mal

Il y a plusieurs choses qu'il faut retenir du PISA 2015. De un, c'est une bonne nouvelle pour le réseau scolaire québécois. Celui-ci n'est pas parfait et il pourrait sans doute être encore amélioré sur plusieurs points; mais il reste que nos élèves brillent parmi les meilleurs. De deux, et c'est à mon avis plus important, au-delà des résultats de nos élèves se dessine un autre portrait, plus global. C'est celui d'une société qui, socialement, ne va pas aussi mal qu'on le dit malgré la surexposition médiatique des cas d'exception négatifs. Celui d'une société qui valorise l'éducation, où les parents accompagnent leurs enfants et collaborent avec l'école, où la violence est bien moins présente qu'ailleurs, où l'on procède au dépistage précoce des élèves en difficulté, où l'égalité des chances est peut-être plus marquée qu'ailleurs, où les programmes d'enseignement sont de qualité, où le personnel des écoles est dévoué et, oui, contrairement aux idées reçues, où les exigences sont plus élevées qu'ailleurs (au Québec, on exige une note de 60%, au lieu de 50% comme dans la plupart des autres provinces pour être en réussite). 

Sans la joute politique

Ces résultats, constants d'une étude PISA à l'autre, transcendent aussi la joute politique. Les politiciens qui voudront s'en approprier le crédit de manière partisane auront tort. À mon avis, l'explication de ces résultats se trouve davantage dans la fibre de la société québécoise que dans les maigres mesures, souvent électoralistes, saupoudrées au cours des dernières années par des ministres de l'Éducation en transit.

Souhaitons que nos médias saisissent la balle au bond et que les résultats du PISA 2015 soient publicisés et appréciés à leur juste valeur.

Louis-Xavier Roy, Lévis

Enseignant à l'école Champagnat, et bien fier d'exercer son métier aujourd'hui

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