Démocratie: la peur serait déraisonnable et déplacée

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«La démocratie représentative est, par définition, une affaire d'élite», souligne l'auteure. L'Assemblée nationale (photo) compte 125 élus.

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Le Soleil

Contrairement à ce qui peut être évoqué dans les revues de l'année 2016, la démocratie n'est pas en plein carambolage surréaliste, à l'image des tamponnages multiples sur la côte du Beaver Hall à Montréal début décembre. Mais oui, l'expression du citoyen peut paraître antiélitiste et sa colère trouver un exutoire dans les radios poubelles et les médias sociaux décoincés. Basculerons-nous dans un précipice totalitaire pour autant?

La démocratie représentative est, par définition, une affaire d'élite. L'Assemblée nationale compte 125 élus, la Chambre des communes, 335. C'est comme ça! Sauf que ça ne prend même pas une attention de tous les instants pour s'apercevoir que les promesses électorales ne sont que poudre aux yeux et conte de fées, que les politiques publiques trahissent la volonté de la majorité des électeurs (austérité, pipelines, santé, choisissez...) et qu'il faille parfois déménager pour que son vote compte (c'est ça, un château fort). 

La démocratie représentative est en crise de légitimité. Depuis des décennies, presque 100 ans au Canada et plus de 50 au Québec, d'autres voix que celles du cynisme et de l'alerte à la catastrophe réclament la rénovation des institutions démocratiques en commençant par le mode de scrutin, justement, pour redonner de la légitimité à la démocratie représentative et pour la rendre propice à un engagement citoyen véritable. Car ce n'est pas le chialage du citoyen spectateur, le seul pouvoir que celui-ci s'approprie, qui va améliorer notre société. 

La première clé, c'est de réaliser que les politiques publiques qui ont un impact sur notre vie quotidienne sont définies et votées par des gouvernements qui s'arrogent 100 % du pouvoir avec, typiquement, 40 % des votes. La deuxième clé, c'est d'exiger un mode de scrutin qui transforme le citoyen spectateur en citoyen engagé qui s'assume et exerce sa voix politique. Plus d'une douzaine de rapports, commissions et assemblées dans l'ensemble du Canada (cinq juste au Québec!) ont recommandé un scrutin à finalité proportionnelle au fil des ans. La solution est connue! La peur serait déraisonnable et déplacée. La troisième clé, c'est d'arrêter de flirter avec le cynisme et de passer à l'action pour faire mentir les oiseaux de malheur. Le dossier de la réforme du mode de scrutin au fédéral en donne l'occasion et notre député attend notre appel, notre courriel ou notre visite. Profitons-en! 

Line Bonneau, Montréal




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