Sénat: entre la raison, l'émotion et la bêtise

«Sur quelle planète vit donc le sénateur [Pierre-Hugues]... (Archives La Presse canadienne)

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«Sur quelle planète vit donc le sénateur [Pierre-Hugues] Boisvenu lorsqu'il prétend que les gens qui s'opposent à Énergie Est et à l'exploitation du pétrole le font «dans une optique sociale... où ça devient un débat où la notion de science va disparaître?» s'interroge l'auteur.

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Point de vue
Le Soleil

Ainsi donc, le Sénat, par son comité des transports et des communications, juge les citoyens trop émotifs lorsqu'il s'agit de parler de pipelines (Le Devoir, 8 décembre 2016)!

Peut-on compter sur plus belle démonstration de ce qu'Isabelle Daunais décrit dans la revue Argument d'hiver 2016 sous le titre «La suspension volontaire de l'intelligence» et dont le même journal rapportait des extraits deux jours plus tôt : «La bêtise ne saurait mieux se définir que par ce détournement consenti du regard et de la pensée. Car la bêtise n'est pas comme on le croit trop souvent, une absence d'intelligence, mais une suspension de l'intelligence, et même, très précisément, une suspension volontaire de l'intelligence». 

Sur quelle planète vit donc le sénateur Boisvenu lorsqu'il prétend que les gens qui s'opposent à Énergie Est et à l'exploitation du pétrole le font «dans une optique sociale... où ça devient un débat où la notion de science va disparaître»?

Au sujet de l'accélération du réchauffement du climat, M. Boisvenu a-t-il entendu les messages de plus en plus pressants d'organismes tels que le GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat), du Conseil mondial de l'énergie, de l'Agence internationale de l'énergie, de la NASA, du Programme des Nations Unies pour l'environnement et autres organisations non gouvernementales de protection de l'environnement? 

A-t-il eu écho du rapport de Risky Business de juin 2014 où de grands noms du monde des affaires américain appelaient à prendre acte de la réalité de «l'apocalypse climatique» et d'en tenir compte dans les plans d'affaires et les modèles d'évaluation de risque et du rendement?

Au lendemain de l'élection américaine, les paroles du Collectif Business for Social Responsability (BSR) formé de 250 poids lourds de l'économie se sont-elles rendues à son oreille, lorsqu'elles affirmaient «que la construction d'une économie durable sur le plan environnemental est inévitable et irréversible, et que tout gouvernement américain convaincu du contraire hypothèque son économie et l'avenir de sa population»?

Il est reconnu que les cibles de l'Accord de Paris sont insuffisantes et dépassées par la rapidité des changements mesurés et les limites de la modélisation. Sur le plan économique, l'énergie fossile est devenue synonyme de réduction du PIB potentiel pour les pays qui s'y adonnent. Toutes les paroles et les actions de ces organisations sont basées de façon systématique sur les données de la science. Selon les critères des membres du Sénat, ils seraient tous des émotifs lorsqu'ils abordent ce débat?

Nous n'avons plus le droit de laisser libre cours à la bêtise que constituent le détournement de regard face aux données de la science et la suspension de notre intelligence et de notre responsabilité devant celles-ci. 

Tout simplement parce que cette bêtise engendre des conséquences immorales et criminelles pour les générations futures.

Pierre Prud'homme, Laval 

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