Un souhait pour Noël

Les auteures ont vécu la même situation que... (Archives La Presse, Édouard Plante-Féchette)

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Les auteures ont vécu la même situation que Sabrina Lacroix, qui a dû se battre pour faire reconnaître la paternité de son conjoint décédé alors qu'elle était enceinte.

Archives La Presse, Édouard Plante-Féchette

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Point de vue
Le Soleil

En réaction à l'article de Baptiste Ricard-Châtelain «Pénible combat pour faire reconnaître la paternité d'un travailleur décédé» paru dans Le Soleil le 1er décembre 2016.

L'histoire de Sabrina Lacroix, qui a dû se rendre jusqu'en Cour supérieure pour faire reconnaître son conjoint décédé comme père de son enfant, a de quoi tirer les larmes. Nous sommes un groupe de femmes qui avons vécu la même tragédie. Nos conjoints sont décédés lorsque nous étions enceintes et nous n'étions pas mariés. Nous insistons sur le dernier point, car notre choix de vivre en union de fait nous a placées dans une situation complexe. En pleine période de deuil, nous avons dû nous battre jusqu'en Cour supérieure du Québec pour que nos enfants puissent porter le nom de leur père décédé.

Pourtant, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, mentionnait à la mi-août que son gouvernement était en réflexion concernant la révision du Code civil en matière de droit familial. À l'approche des Fêtes, rien n'a encore été fait. Si le gouvernement Couillard avait agi rapidement, ni Sabrina Lacroix ni nous n'aurions dû nous lancer dans de telles procédures judiciaires.

De fait, l'article 114 du Code civil nous impose le fardeau de prouver que le père déclaré sur l'acte de naissance du Directeur de l'état civil est le père réel de notre enfant.

Nous aimerions sensibiliser la ministre à cette dure réalité afin d'éviter que d'autres femmes aient à passer par les tribunaux pour faire valoir leurs droits. Cela contribuerait également à désengorger notre système de justice, qui en a bien besoin. La dernière révision du Code civil date de 36 ans, et notre société a beaucoup changé depuis. Vivre en union de fait au Québec en 2016 n'est pas un phénomène marginal.

Cette année, pour Noël, nous vous demandons de réviser le Code civil en matière de droit familial.

Marie-Claude Houle, Gabrielle Jolicoeur, Marie-Chantal Daigle et Isabelle Renaud

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