Réflexions inspirées de la Suède

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L'auteur a assisté à la cérémonie des remises des doctorats du KTH (Royal Institute of Technology), en Suède, où son fils recevait son Ph. D.

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Le Soleil

Je reviens tout juste de la Suède où j'ai assisté à la cérémonie des remises des doctorats du KTH (Royal Institute of Technology), où mon fils recevait son Ph. D. Ce fut une cérémonie grandiose, qui m'a inspiré ces quelques réflexions. Tout d'abord je voudrais présenter succinctement cette cérémonie qui s'est déroulée dans les mêmes édifices où seront remis les prix Nobel le 10 décembre.

Ce qui fait dire à certains Suédois que c'est le petit Nobel, une pratique pour le grand. La cérémonie de la remise des diplômes est suivie d'un banquet et d'une soirée dansante. Tout d'abord, la remise des diplômes, qui a lieu au « Stockholms Konserthus », se déroule sur plus de 3 heures, avec avant et pendant la remise des diplômes la prestation d'un orchestre symphonique d'une cinquantaine de musiciens, dont de nombreux professeurs au KTH. Un violoniste, également professeur, ainsi que 3 chanteurs d'opéra et une cantatrice se sont joints successivement à l'orchestre pour notre plus grand plaisir. Il y a eu aussi à cette occasion la reconnaissance de professeurs émérites, la présentation des professeurs nouvellement promus ainsi que la distribution du grand prix du KTH pour leurs travaux à trois autres professeurs, un Suédois, un Allemand et une professeure de la Californie.

Tout le monde devait être vêtu obligatoirement selon le code vestimentaire « White tie » (queue-de-pie). Cette tenue vestimentaire était aussi obligatoire pour les invités des nouveaux docteurs qui avaient droit à deux invités en plus de leur conjointe ou conjoint, pour participer au banquet au Stadshuset (hôtel de ville de Stockholm), dans la même grande salle où a lieu le banquet des prix Nobel. Il y avait plus de mille convives, dont une table d'honneur de 90 personnes (recteurs d'autres universités, doyens, consul, maire, ex-astronaute suédois devenu professeur...) Je ne décrirai pas le menu en détail, sauf qu'il y avait du bon vin, une première coupe de Riesling, suivie d'une coupe de rouge et au dessert une 3e coupe plus petite de vin plus sucré. Les coupes étaient constamment remplies au besoin par les serveurs aux aguets. La distribution des desserts fut aussi spectaculaire, avec la descente dans l'obscurité du grand escalier de marbre avec les plateaux de desserts éclairés aux chandelles, pendant que l'orgue, un des plus grands de la Scandinavie, se faisait entendre, le tout dans un jeu de lumières rappelant une chute de gros flocons de neige. Le coût de ce banquet, qui n'était payant que pour les deux invités des nouveaux docteurs, a dû être très très élevé pour l'université. Ce qui m'amène à penser à ma cérémonie de remise de mon PhD, il y a quelques décennies à l'université Laval, avec à la fin un cocktail de rosé mousseux. Je vois mal mon université justifier un tel banquet qui devrait se dérouler au Château Frontenac pour égaler celui au Stadshuset. Et pourtant cela se fait en Suède un pays en superficie 3,7 fois plus petit que le Québec, mais avec une population un peu plus grande, soit 9,9 millions versus 8,3 millions pour le Québec. La réponse m'est apparue pendant la cérémonie où on nous a répété que la richesse d'un pays passait par l'éducation, la recherche et l'innovation. Le pays dépense sans compter en éducation qui est gratuite du primaire jusqu'à la fin des études doctorales pour tous les Suédois. Ce pays, fier de sa langue, uniquement parlée dans ce pays, oblige les Suédois à apprendre l'anglais comme langue seconde, ce qui en fait des citoyens du monde, tout en demeurant attachés à leur pays, à leur langue et à leur culture. Ils reviennent généralement vivre dans leur pays après une expérience à l'extérieur. Cela explique en partie pourquoi ce petit pays en superficie comparé au nôtre a réussi entre autres à commercialiser deux marques d'auto de renommée mondiale, la Saab et la Volvo. Cette dernière compagnie a eu comme cofondateur un diplômé du KTH. On peut ajouter qu'il fabrique et vend aussi des avions de combat, a mis au point un système pour rendre les sous-marins indétectables qu'ils ont vendu aux Américains, etc., sans compter la récupération des déchets de table pour les transformer en énergie pour chauffer les maisons. Comme nous, ils ont aussi une industrie forestière et quelques mines. La Suède dépasse même le Canada de quelques rangs pour le PIB/habitant et le Québec d'une quinzaine de rangs. Alors pourquoi le Québec avec une population de taille similaire et la richesse de notre immense territoire ne pourrait-il pas faire aussi bien ? Ne pourrions-nous pas nous inspirer de la Suède pour investir plus dans notre éducation et nous assurer que l'ensemble des Québécois ait l'opportunité de bien parler l'anglais, et avoir ainsi la possibilité de nous ouvrir davantage sur le monde.

Jean-Louis Brown, L'Ancienne-Lorette

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