Ras-le-bol de Pierre Paradis

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Un grand nombre de producteurs ont encore sur le coeur l'absence du ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, lors des récents galas de l'Ordre national du mérite agricole et du Temple de la renommée de l'agriculture du Québec.

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Le Soleil

Je n'ai pas l'habitude de commenter publiquement le comportement d'un élu du gouvernement québécois, mais la situation actuelle dépasse l'entendement. D'autant plus que les agriculteurs québécois, qui souffrent deux fois plus que les autres de détresse psychologique, méritent mieux que des propos et des gestes qui frisent le mépris.

Un grand nombre de producteurs ont encore sur le coeur l'absence du ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, lors des récents galas de l'Ordre national du mérite agricole et du Temple de la renommée de l'agriculture du Québec. Bouder ces deux institutions du monde agricole québécois, qui récompensent les meilleurs d'entre nous et qui valorisent notre profession, est inacceptable de la part d'un ministre qui a le mandat de nous représenter. Son attitude lors de l'interpellation du 11 novembre dernier sur les changements annoncés au Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA) l'était tout autant.

J'ai entendu M. Paradis déclarer dès les premiers instants qu'il ne comprenait pas pourquoi il était interpellé sur ce sujet et que « les hausses de taxes, ça ne relève pas du ministre de l'Agriculture. Ça relève des municipalités et celui qui doit répondre (...), c'est le ministre des Affaires municipales ». Comme si poser des questions au ministre de l'Agriculture à propos de changements importants au principal instrument du gouvernement du Québec en matière de foncier agricole n'était pas approprié. Des changements qu'il défend pourtant sur toutes les tribunes.

J'ai aussi entendu M. Paradis dire que « si on sait compter, on évite un paquet de débats inutiles », en soulignant que le député de Berthier, André Villeneuve, ne devrait pas « se fier à l'ancien ministre des Finances [Nicolas Marceau - PQ] » quant à l'impact des changements annoncés. C'était une façon de dire indirectement que la prévision de l'UPA d'une hausse moyenne de 30 à 40 % de la facture, assumée par plus de 80 % des producteurs dès l'an prochain, est erronée. C'était une façon de balayer du revers de la main des évaluations faites par des producteurs, pour des producteurs. Même si les documents de son propre ministère, déposés en commission parlementaire, font référence à ce même 80 %.

Personnellement, cette affirmation du ministre Paradis me heurte profondément. Les agriculteurs québécois gèrent des entreprises de très grande valeur et génèrent des ventes qui s'élèvent parfois à plusieurs millions de dollars. Ils investissent temps et argent pour contribuer de façon importante à la vitalité économique de nos régions qui en ont bien besoin. Mais ils seraient incompétents. Venant d'un ministre censé nous représenter, c'est triste, décevant et insultant.

M. Paradis a continué l'interpellation en s'appropriant les succès des producteurs acéricoles québécois, disant que la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) n'aurait jamais demandé et obtenu 5 millions d'entailles de plus si le rapport Gagné n'avait pas sonné l'alarme. Comme si de nouvelles entailles n'avaient pas été demandées par la FPAQ 10 mois avant le rapport. Comme si le ministre, rapport Gagné en main, avait personnellement demandé à chaque érable du Québec de produire à un niveau record cette année. Il est très fort, M. Paradis! Assez fort pour proposer son soutien à la FPAQ si elle retirait du contingentement les ventes en magasin. L'époque où le duplessisme dictait aux Québécois leurs actions, comme s'ils n'étaient pas en mesure d'en décider par eux-mêmes, est pourtant révolue depuis belle lurette.

J'ai été désolé d'entendre le premier ministre du Québec reprendre les arguments de M. Paradis et nier les impacts négatifs des changements au PCFTA. C'est dire à quel point les plus hautes instances du gouvernement québécois sont perméables à la désinformation systématique de ce ministre. Personnellement, j'en ai ras le bol et je crois qu'il est plus que temps, pour les agriculteurs québécois, d'oublier un ministre qui ne se préoccupe pas de leur avenir.

Pierre Lemieux, premier vice-président à l'Union des producteurs agricoles

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