Réflexion sur les élections américains

Un graffiti sur le monument de Jefferson dit... (AP)

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Un graffiti sur le monument de Jefferson dit le message qui suit : «Votre vote est un crime de haine.»

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Le Soleil

Le concept de stupidité est bien relatif, et l'électeur américain n'en a pas le monopole.

Establishments politiques, politiciens de carrière, alternance du pouvoir, manipulation médiatique de l'information, gestion de l'État axée sur la seule satisfaction des intérêts des groupes organisés et de leurs lobbyistes, simulacre de partis politiques sans citoyens... c'est aussi notre réalité au Canada et particulièrement au Québec. Le simple citoyen a été éjecté du système politique.

Parallèlement, l'État est devenu omniprésent dans le quotidien des citoyens. Cet État légifère et réglemente de plus en plus nos activités. Mais il est aussi devenu le producteur-fournisseur de la moitié des biens et services que nous consommons, et ce généralement sur une base monopolistique. Paradoxalement, la participation du citoyen dans ces processus se résume à payer et fermer sa gueule. Son seul pouvoir se limite en réalité à celui de l'électeur frustré qui peut peser sur le bouton Change ou Eject une fois aux quatre ans.

La frustration croissant forcément avec l'usage et le temps, il suffit donc que nos acteurs politiciens professionnels proposent le vrai changement, et ce, d'autant plus de façon draconienne que la frustration a été bien nourrie par la presse.

Et la mise en marché du changement proposé doit être bien contrastée. À une politique de law and order on proposera la légalisation et la vente libre de la marijuana, à la discipline des équilibres budgétaires, on proposera de saupoudrer de nouveaux bonbons pour un déficit d'au moins 100 milliards, à l'afflux d'immigrants illégaux en trop grand nombre, on proposera la construction d'un mur, ou inversement l'accueil de réfugiés en grand nombre...

Et le messager vendeur de ces changements doit être tout aussi caricatural. «The medium is the message», disait Astérix. En campagne électorale, Trump, Trudeau ont caricaturé à merveille le changement draconien dans leur environnement respectif.

En somme, quand le pouvoir du citoyen, qu'il soit américain, canadien, britannique ou français, ne consiste plus qu'à pouvoir peser ultimement et stupidement sur un bouton Change une fois tous les quatre ans, il ne faut pas se surprendre qu'il ait l'air un peu stupide.

Richard Carrier, Lévis

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