Hydrocarbures: tout est dans la manière de poser la question

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Le Québec a érigé le cadre réglementaire sur l'exploitation des hydrocarbures le plus strict de tous les États d'Amérique du Nord.

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Le Soleil

Depuis une dizaine de jours, les groupes de pression environnementalistes multiplient les actions médiatiques pour tenter de discréditer la filière des hydrocarbures au Québec. Un de ces faits saillants est la publication d'un sondage selon lequel «les deux tiers des Québécois s'opposeraient à l'exploitation des hydrocarbures».

Or, en compilant les réponses fournies par les Québécois à 24 sondages d'opinion conduits par différents groupes et médias depuis 2010, la tendance la plus claire est plutôt que la majorité des Québécois sont favorables au développement pétrolier sur notre territoire.

En effet, sur les 14 fois où la question a été posée clairement, 11 fois les répondants se sont prononcés en faveur allant jusqu'à 82 % d'approbation au cours de l'année 2013.

Au fait de ces données, j'ai donc été à la fois surpris et perplexe devant le résultat d'un sondage dont les réponses sont aux antipodes de celles obtenues dans le passé. Une analyse plus fine dudit sondage SOM me permet de trouver réponse à mon questionnement et m'amène à constater que pour obtenir la réponse souhaitée, il suffit de poser la bonne question!

Et la question de ce sondage, je dois le reconnaître, était particulièrement bien présentée pour s'assurer que les gens questionnés s'opposent à l'exploitation des hydrocarbures. Pour ceux qui n'iront pas lire tout le document du sondage, je reproduis ici cette question posée à 1020 Québécoises et Québécois :

«Pour exploiter les réserves de pétrole et de gaz du Québec, il est généralement nécessaire de fracturer ou de dissoudre la roche en utilisant des procédés comme la fracturation hydraulique, la fracturation à l'acide ou la stimulation des puits à l'acide, qui consistent à injecter sous haute pression des produits chimiques dans le sol. Personnellement, êtes-vous pour ou contre l'extraction de pétrole et de gaz au Québec?»

En utilisant dans la même phrase des demi-vérités et des concepts qui font peur, on s'assure de maintenir en vie l'idée que de produire des hydrocarbures au Québec serait au mieux une mauvaise idée ou au pire une inévitable catastrophe. Les Norvégiens, les Danois, les Américains, nos compatriotes de la Colombie-Britannique et combien d'autres nations (toutes celles qui ont la chance d'avoir des réserves sur leur territoire en fait) produisent pourtant des hydrocarbures, incluant au moyen de la fracturation hydraulique, sans que se produisent les catastrophes annoncées?

Qu'aurait été la réponse des Québécois si la question avait été, par exemple, la suivante :

«Entendu que le Québec consomme chaque année entre 12 à 14 milliards $ de produits pétroliers importés; entendu également que le Québec a érigé le cadre réglementaire sur l'exploitation des hydrocarbures le plus strict de tous les États d'Amérique du Nord et qu'un développement de nos potentiels en hydrocarbures pourrait créer chez nous plusieurs milliers d'emplois très bien rémunérés, seriez-vous favorables à l'idée que nous produisions nos propres ressources de pétrole et gaz plutôt que de continuer de les importer?»

Tel que nous l'enseigne le vieil adage : poser la question, c'est y répondre!

Jean-Sébastien Marcil, ing., M. Sc., Directeur de l'exploration, JUNEX inc.

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