Le Centre Durocher : tristesse et consternation..

Les travaux de démolition du Centre Durocher ont... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Les travaux de démolition du Centre Durocher ont commencé le 12 octobre, dans le quartier Saint-Sauveur.

Le Soleil, Patrice Laroche

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Point de vue
Le Soleil

Au moment où j'écris ces lignes, début novembre, on a abattu tout un pan de mur sur le flanc ouest du Centre Durocher et ici et là, on peut entrevoir des lambeaux de ferraille, de filage et de matériaux divers qui pendouillent à l'intérieur. Une immense barricade de panneaux largement striés de graffitis entoure le site et, telles des fourmis carnivores géantes, des pelleteuses mécaniques et des ouvriers décontaminent, béquettent et grugent dans le ventre vide et poussiéreux du fidèle mastodonte. Un triste spectacle s'il en est, et une fin imméritée pour le vénérable monument en briques jaunes de cette partie ouest de la basse-ville de Québec.

À côté, et tout autour du chantier, un peu comme les grands arbres qui déploient silencieusement leurs branches aux vents d'automne, les gens retiennent leur souffle et se demandent maintenant quand et où s'arrêtera le saccage sans vergogne de cette place urbaine autrefois si grouillante et si riche d'elle-même.

«Ira-t-on jusqu'à couper les vieux arbres si majestueux et si imposants? Va-t-on empiéter sur le terrain de la patinoire et sur les espaces toujours accessibles aux enfants, aux amoureux et aux passants? Mais sacré diable, quel était donc le besoin de tout jeter à terre, alors qu'on aurait pu construire les logements sociaux en face, sur le terrain de stationnement?» s'indigne-t-on, dans les chaumières...

De fait, quelle stupidité! Quel monumental gâchis! Plus qu'une «occasion ratée», comme l'on écrit de nombreuses personnes de la scène publique, c'est une vraie honte que d'avoir rasé cette exceptionnelle pièce du patrimoine bâti, un ensemble historique qui faisait si brillamment office de marqueur et de plaque tournante dans le quotidien des gens... Au même titre que la taverne Jos Dion, le magasin Latulippe, le Patro Laval, l'église Saint-Sauveur, le boulevard Langelier et la Pente-Douce (côte Belvédère) de Roger Lemelin...

Grandeur du communautaire et petitesse de la Ville

Exception faite de la dernière lettre publique du supérieur provincial des Oblats (20 octobre), le père Luc Tardif, dans laquelle il enjoint au maire Labeaume de revoir ses positions, tout en menaçant de recourir à moyens juridiques pour bloquer le processus de démolition, tout a été dit dans ce dossier. *

Tout a été dit sur les raisons sociales, historiques, économiques, politiques, urbanistiques et patrimoniales en faveur du maintien du Centre Durocher. Tout a été dit, redit, rabâché, écrit et débattu dans les journaux, sur les réseaux sociaux, dans les officines, au pub chez Girard en face, en assemblée de citoyens et de citoyennes, au conseil municipal... Aussi, je n'en rajouterai pas.

Sauf pour dire que j'enrage... Et que, si j'applaudis très fort à la lutte courageuse et désespérée du comité populaire Saint-Sauveur, du journal Droit de Parole, des Oblats, des citoyens et citoyennes du quartier et de leurs alliés (de l'opposition officielle et de l'Université Laval), je n'en reviens pas encore de l'attitude méprisante et irrespectueuse du maire Labeaume et des conseillères Gilbert et Lemieux, ainsi que de l'organisme «communautaire» Action-Habitation, dans cette saga qui aura duré un peu plus de quatre ans. Quatre années d'incompétence et d'incurie, doublées de démagogie et de pure désinformation, le tout déployé de façon brutale et mesquine, avec en filigrane un esprit revanchard à l'endroit du communautaire.

Comme si, parmi l'administration Labeaume, on n'avait pas encore digéré la victoire d'une partie de l'opposition citoyenne dans les récents dossiers de l'îlot Berthelot (haute-ville), ou de l'îlot Esso (coin de Cartier). Des lieux, des endroits, où la population a eu gain de cause en exerçant démocratiquement son droit de vote par référendum spécial. Un exercice autrement plus utile celui-là, que les sondages biaisés ou les consultations rose bonbon de la Ville en pareille matière. Comme d'ailleurs celui qu'elle s'apprête à faire pour la nouvelle vocation culturelle de l'église Saint-Sauveur.

Cela dit, l'administration Labeaume s'entête à gouverner selon les sondages des radios poubelle et, à force de navigation à courte vue, le gros Voilier urbain n'en finit plus de tourner sur lui-même et de s'enfoncer dans l'abîme. On va de Charybde en Scylla. À preuve, des comptes de taxes vertigineux, un nouvel amphithéâtre déficitaire qui s'avère un éléphant blanc, un «troisième lien» aussi délirant qu'insensé, un système de transport en commun qui ne lève pas, des projets d'écoquartiers escamotés, un nouveau plan de «coloration» de la ville minable et insipide, tout cela, et que sais-je encore, avec en sus le mépris, l'arrogance et un perpétuel déficit démocratique venant d'élus et d'élues déconnectés de la base.

Vivement les élections municipales de l'automne 2017, avec le couronnement de François Marchand ou d'Anne Guérette, anybody but Labeaume!

* Dans le contrat de cession de 1979 par lequel la Communauté des O.M.I. cédait l'édifice et le lieu à une corporation sans but lucratif, il était écrit en toutes lettres que la nouvelle corporation s'engageait à maintenir «dans les lieux cédés» la vocation communautaire du Centre Durocher.

Gilles Simard, citoyen de Québec et amoureux de sa ville

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