Relier Robert Bourassa à la 275, le 3e lien?

L'autoroute Robert-Bourassa... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'autoroute Robert-Bourassa

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Le Soleil

Dans «La comédie urbaine de Québec», François Hulbert démontre comment les décideurs ont orienté la circulation dans Québec : des axes routiers se terminant en « T », créant systématiquement des zigzags dans les déplacements (ex. : St-Sacrement-Hamel-Pierre-Bertrand, Hochelaga-Robert-Bourassa-Laurier).

Aussi, des boulevards devenus résidentiels qu'on double puisqu'ils sont devenus dangereux - Chauveau est le meilleur exemple. Des boulevards qui se tortillent et qu'on peine à rejoindre à d'autres : Hochelaga-Neilson (on a dû déplacer/démolir des maisons), Père-Lelièvre, Louis XIV, et plus tard Lebourgneuf. Plusieurs grands axes routiers se terminent dans de petites rues : Masson, Michelet, Marie-de-l'Incarnation, Soumande, Neuviale, Holland, etc. Mais tout ça ne date pas d'hier, puisqu'on avait déjà adopté ce concept dans la Haute-ville. Ainsi, il n'y a presque pas de liens directs perpendiculaires à la Grande Allée. Amusez vous avec une carte de Québec pour en trouver d'autres.

L'objectif était de garder chez la municipalité voisine la circulation en multipliant les entraves. Le combat entre les mairesses Boucher de Ste-Foy et Delisle de Sillery à propos de l'accès Laurier Charles-Huot n'était que la pointe de l'iceberg. Et puis, la congestion est apparue, au fur et à mesure que les municipalités, puis l'unique Québec comblait les trous dans le tissu urbain, mais avec un réseau déficient. Tous ces axes routiers qui ne se prolongent pas entraînent la multiplication des intersections et des feux de circulation, rendant les déplacements plus lents, coûteux, polluants, frustrants et dangereux. Ils nuisent au transport en commun et complexifient les déplacements à vélo. Mêmes les entreprises sont touchées; les camions prenant plus de temps à livrer leurs marchandises. Bref, le réseau routier de Québec développé au cours des derniers 100 ans est un gâchis. Il n'y aura pas de solutions faciles et économiques à un problème systémique de mauvaise planification. Les problèmes de circulation se vivent à plusieurs endroits, notamment en direction est-ouest dans le nord de Québec et entre les deux rives.

Si on exclut le transport en commun et qu'on cherche à construire un 3e lien routier, toutes les études démontrent que la construction d'un pont avec ou sans tunnel dans l'est (Beauport-Île d'Orléans-Lévis) ou d'un pont reliant le port de Québec à Lévis, n'a presque aucune influence sur la circulation générale.

Un des gros problèmes de circulation se situe à l'ouest, près des ponts. Deux autoroutes (Duplessis et Henri IV, auxquelles on peut ajouter Robert-Bourassa), et plusieurs boulevards (Champlain, Laurier, Hochelaga, Quatre Bourgeois, et René Lévesque) permettent l'accès/la sortie des ponts. Rien n'a changé : file de voitures en 1970 avec un seul pont, files de voitures avec deux ponts en 2016. Et avec tous les projets de construction (centres commerciaux, route de l'Église et Laurier (Ékla, Phare « Ouest »)), tout indique que la congestion va empirer et deviendra bientôt ingérable.

Laurier est devenu une quasi autoroute (6 à 8 voies), surchargée, et ressemblant au boulevard des lumières (Charest). L'attente à l'intersection Robert Bourassa/Laurier est interminable. L'université Laval est une coupure majeure dans le réseau routier de la colline de Québec, isolant le boulevard René Lévesque d'Hochelaga, son prolongement naturel. Toutes les voitures sur ce boulevard sont redirigées sur Laurier. De l'avenue des Gouverneurs à l'avenue Lavigerie, les déplacements locaux se mêlent aux déplacements régionaux (ceux cherchant à gagner la Rive-Sud en fin d'après midi et ceux cherchant à rejoindre leurs lieux de travail/d'étude en direction nord le jour). Laurier répond à deux besoins fondamentalement différents et il faudrait un aménagement qui en tienne compte.

Le boulevard Laurier, à partir des Gouverneurs, devrait avoir une section souterraine, telle que l'autoroute Ville-Marie à Montréal, afin de permettre aux véhicules de rejoindre rapidement la Rive-Sud. Au-dessus de cette section, le boulevard Laurier pourrait être revampé pour la circulation locale. Le transport en commun resterait à définir (SRB, tramway?). Il faudrait évaluer les avantages d'un tunnel reliant René-Lévesque à Hochelaga, de façon à désengorger Laurier. Pour ce qui est de Robert Bourassa, si on pense à un 3e lien plus économique, pourquoi ne pas le prolonger par un tunnel de 3,5 km (la moitié de ce qui est proposé à l'est) qui irait rejoindre la route 275, un boulevard industriel large, relié directement à l'autoroute 20, pouvant être réaménagé, avec ou sans transport en commun. Les ingénieurs pourront l'améliorer. On soulagerait les ponts, Laurier, tout en permettant une amélioration sensible des déplacements sur la colline et entre les rives.

Bien que le maire Labeaume ait indiqué qu'il ne voyait pas de 3e lien entre le centre ville et les ponts, je crois que c'est une option qui mérite d'être étudiée.

Serge Routhier, Québec

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