J'ai honte de mon université

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Le recteur de l'Université Laval, Denis Brière

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Le Soleil

Lettre à mon recteur

Bonjour monsieur Brière,

Vous ne me connaissez pas, mais moi, je vous connais assez bien; du moins, je connais votre rôle au sein de notre université. Je suis au premier cycle et, croyez-le, j'ai toujours été fière d'étudier à l'Université Laval. J'ai toujours eu ce sentiment d'appartenance envers cette université. Même lorsque j'étais au cégep, j'avais hâte de venir étudier chez vous. J'ai toujours été fière de mon université et je m'y suis toujours sentie en sécurité. Tout cela a changé au cours de la dernière semaine.

Voyez-vous, monsieur Brière, pour la première fois, cette semaine, j'ai eu honte de mon université. J'ai eu honte du manque d'empathie que vous avez démontré pour mes paires et honte de la façon désastreuse dont vous avez géré cette crise. Je ne vous apprends rien, je l'espère, en vous disant que vous avez grandement contribué au basculement en crise de l'Université Laval. Je ne vous apprends rien, je l'espère, en vous disant que votre rôle était de rassurer mes collègues ainsi que le reste de la population estudiantine. Je ne vous apprends rien, je l'espère, en vous disant que plusieurs de mes collègues et moi-même ne nous sentons plus en sécurité au sein de notre université.

Monsieur le recteur, aujourd'hui, je ne vous écris pas pour vous expliquer ou vous blâmer sur votre mauvaise gestion de crise, je crois qu'une grande partie des journaux du Québec s'en sont bien occupés. Je vous écris aujourd'hui car j'ai l'impression d'avoir été oubliée. J'ai l'impression que vous avez oublié la totalité des étudiants et étudiantes de cette université. On comptait sur vous pour défendre nos intérêts, on comptait sur vous pour nous représenter et, surtout, on comptait sur vous pour nous rassurer. Qu'est-ce qu'il va m'arriver si un jour j'oublie de barrer ma porte? Qu'est-ce que vous faites concrètement pour vous assurer que mes collègues ayant été victimes d'agressions sexuelles soient en sécurité à nouveau? J'ai tellement de questions pour vous et tellement peu de réponses de votre part...

Les journalistes vous ont demandé : «Qu'avez-vous fait pendant les deux jours suivant l'événement?» Moi, je vous demanderais plutôt : Qu'est-ce que vous faites depuis une semaine, monsieur Brière? Qu'est-ce qui est plus important pour vous que de rassurer vos étudiants et étudiantes?

Monsieur le recteur, aujourd'hui, j'ai honte de mon université. Non parce que j'insinue que la culture du viol est uniquement présente à l'Université Laval, mais plutôt parce que j'ai honte de mon recteur. Je vous écris aujourd'hui parce que, en tant qu'étudiante, vous m'avez déçue. Peut-être que vous vous donnez un 9,5 sur 10 pour votre gestion de crise; eh bien moi, je vous donne 9,5 sur 10 pour votre manque d'empathie et 0,5 sur 10 pour vos efforts pour nous rassurer.

J'espère sincèrement que vous songerez à tout cela.

Jimena Aragon, Quebec

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