Les syndics: au service du public ou du corporatisme?

Danièle Henkel... (Archives La Presse)

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Danièle Henkel

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Point de vue
Le Soleil

En tant que femme d'affaires, j'ai été confrontée à de nombreux obstacles et j'ai été témoin de plusieurs injustices. Malgré ces embûches, j'ai toujours fait les compromis et les efforts nécessaires afin de faire les choses selon les règles et en respectant à la lettre l'importance de nos institutions.

Quelle ne fut donc pas ma surprise il y a plus de deux ans de voir que l'Ordre des chimistes effectuait des vérifications au sujet du test IMUPRO, qui est fait par notre laboratoire, LSIA. Malgré cela, nous avons passé les deux dernières années à répondre à toutes leurs questions et à collaborer avec le syndic afin de nous assurer qu'il puisse compléter ses vérifications.  

Deux ans plus tard, après des dizaines de lettres, d'appels et de rencontres, nous en sommes toujours à l'étape de vérification et sans aucune indication supplémentaire. Pire encore, le Collège des médecins a diffusé une mise en garde contre le test IMUPRO le 22 janvier dernier, et ce, sans présenter d'étude spécifique en appui à sa décision.

Depuis, nous avons multiplié les représentations auprès du monde politique, des médias et de nos partenaires afin d'obtenir la réalisation d'un véritable débat transparent et honnête entre les spécialistes du sujet. C'est dans le cadre de ces représentations que nous avons déposé, le 21 septembre dernier, un mémoire sur le projet de loi 98, qui modifie la gouvernance et le fonctionnement des ordres professionnels. Lors de cette audience, avec le soutien du Dr Gilles Brisson de Laboratoire BNK et de Guy R. Brisson, professeur titulaire retraité de l'INRS, nous avons défendu la mise en place d'une structure d'appel aux décisions et aux enquêtes abusives des syndics et la création d'un contre-pouvoir qui permettrait de dénoncer un syndic qui aurait un comportement inapproprié comme c'est le cas ici.

Quelle fut la réaction de l'Ordre des chimistes? Une lettre au Dr Gilles Brisson pour dénoncer ses propos et lui indiquer que le syndic trouve ses déclarations à l'Assemblée nationale comme un «comportement dérogatoire» au code de déontologie et qu'il «va présumer que c'est un événement isolé», tout en espérant compter sur sa «collaboration à l'avenir». Tout cela pour avoir dit que l'enquête du syndic à notre égard était beaucoup trop longue et qu'elle s'apparentait maintenant à du harcèlement.  

Pourtant, je pensais que nous étions dans une société libre où nous pouvions nous exprimer sans représailles. C'est ce genre d'abus que je dénonce et contre lequel je me bats. POURQUOI? Parce que, depuis que je travaille avec ce laboratoire, j'ai reçu des centaines de témoignages de gens qui ont vu leur qualité de vie s'améliorer en faisant attention à certains aliments tels que leur a recommandé notre test. Parce que je suis de celles qui croient à la prévention et à une meilleure connaissance de nos habitudes de vie pour améliorer notre bien-être. Parce que je suis convaincue que la science continue à évoluer et qu'elle nous permet aujourd'hui de connaître mieux l'hypersensibilité de notre système immunitaire. Parce que les Québécois devraient avoir les mêmes droits que les Ontariens qui, eux, peuvent faire ce test sur prescription d'un naturopathe ou d'un autre professionnel qui y voit une utilité. Parce que je ne peux accepter les injustices et les menaces envers des professionnels honnêtes et compétents.

Il ne s'agit plus de défendre le test IMUPRO ou le Laboratoire LSIA, mais de se battre pour que l'on ait un équilibre dans notre système professionnel afin que certains syndics qui abusent de leur pouvoir soient confrontés à leurs erreurs et puissent être dénoncés. C'est pourquoi nous espérons que la ministre de la Justice Stéphanie Vallée entendra nos demandes et donnera un véritable pouvoir de surveillance aux comités de plaintes et à l'Office des professions. Nous espérons aussi que le C. A. de l'Ordre des chimistes prendra des mesures contre son syndic et le blâmera sévèrement pour son comportement à l'égard de ses professionnels. Nous espérons surtout que le devoir de protection du public des Ordres professionnels ne devienne pas une excuse pour exercer un contrôle démesuré qui nuit au bien-être des citoyens.

Les citoyens ont le droit d'avoir un meilleur accès à certaines avancées scientifiques qui peuvent améliorer leur bien-être. Par nos interventions, nous essayons de contribuer au débat public et de faire connaître aux citoyens les barrières qui les empêchent d'avoir accès à une meilleure connaissance de leur santé. La science évolue et nous ne pouvons laisser le corporatisme nous empêcher d'en bénéficier, c'est une question de principe et de respect de l'être humain.

Danièle Henkel, Montréal

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