Ce qu'Anacolor ne dit pas

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«Nous espérons de tout coeur que le juge du Tribunal administratif du Québec saura enfin obliger Anacolor à respecter les conditions d'exploitation associées à son certificat d'autorisation et que la Ville de Québec contribuera à faire cesser pour de bon une situation qui a déjà trop duré», indique l'auteur.

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Le Soleil

«Quand le sage désigne la Lune, le fou regarde le doigt.»

Le vendredi 14 octobre, Anacolor convoquait les médias à une conférence de presse. Ce que le propriétaire n'a pas dit mérite d'être souligné, et certaines questions attendent toujours des réponses.

Le propriétaire n'a jamais dit qu'il s'excusait ni qu'il reconnaissait avoir causé des torts réels à la santé et au bien-être des résidents de Cap-Rouge. Il n'a pas fait mention des témoignages du 12 juillet dernier, de cette personne âgée qui doit fermer ses fenêtres en plein l'été, de cette professionnelle en congé de maternité qui évite le sentier le long de la rivière Cap-Rouge, de cette directrice d'école lui ayant lancé «la santé de mes 270 élèves n'a pas de prix».

Il n'a pas parlé de son lobbyiste qui a rencontré plusieurs citoyens en leur suggérant, entre autres, de l'appeler, lui, les jours où on perçoit encore des odeurs de solvant dans l'air. Il n'a pas dit qu'il avait en main des mesures effectuées par un tiers indépendant lui permettant d'affirmer que les enfants de l'école de Marguerite-D'Youville (située à 750 mètres d'Anacolor) respirent maintenant «40 % moins» d'un des composants chimiques émanant de ses cheminées. 

On n'a pas entendu les mots polluants atmosphériques, mais plutôt les mots composé organique volatil (COV). On n'a pas utilisé les termes puissante fragrance de savon, mais bien produits neutralisants; On n'a pas dit : «On a des résistances à assumer les coûts d'une pratique respectueuse de la qualité de l'air», on a parlé de désir «d'améliorer nos performances environnementales».

Il n'a pas dit qu'en changeant constamment la composition et la concentration de ses COV depuis 2013, il peut ainsi prétendre que les données du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques sont invalides en les disant choses du passé. Il n'a pas fait état du résultat de ses nombreuses expérimentations : dans un cas, la substitution d'un produit par d'autres a mené à une augmentation de ses COV, dans un autre, le produit proposé figurait parmi la famille des benzènes, un cancérigène notoire; que sa technique de photocatalyse a mené à des réductions de 0 à 50 % de réduction des COV dans les conditions avantageuses d'un laboratoire. Le Ministère a donc conclu ceci : «Aucune des modifications apportées [...] n'a permis de faire cesser les problématiques d'odeur dans le voisinage ni de confirmer le respect des normes réglementaires.»

Dans ce contexte, on aurait aimé avoir réponse à ces quelques questions : pourquoi affirmer qu'Anacolor n'a pas la capacité financière d'acheter un épurateur thermique? Un million, c'est 100 000 $ par année amortis sur 10 ans, soit environ 2 % du chiffre d'affaires annuel de cette entreprise. 

Le coût de construction d'une usine respectant les nouvelles normes de construction est élevé, et votre entreprise Anacolor serait en pleine expansion. Après avoir dit le 8 juin dernier : «Donnez-moi 4 millions $ et je pars», vous parlez maintenant d'un montant moindre. Cherchez-vous à tirer profit de votre conflit avec le Ministère et les citoyens de Cap-Rouge et ainsi faire financer par les contribuables un déménagement que vous auriez fini par faire tôt ou tard?

Avec toute cette publicité négative, vous n'avez pas peur que certains de vos gros clients (ex. : Vidéotron, La Capitale et Banque Nationale) finissent par prendre leurs distances d'avec Anacolor? Et surtout, reconnaissez-vous que, depuis 2012, l'exploitation de votre usine a des effets négatifs réels sur la santé et la qualité de vie des résidents de Cap-Rouge et qu'il y a urgence d'agir et pas seulement «pour des questions de bon voisinage»?

Le propriétaire d'Anacolor n'est pas le sage qu'il prétend et les citoyens ne sont pas les fous du vieil adage non plus. Nous espérons de tout coeur que le juge du Tribunal administratif du Québec saura enfin obliger Anacolor à respecter les conditions d'exploitation associées à son certificat d'autorisation et que la Ville de Québec contribuera à faire cesser pour de bon une situation qui a déjà trop duré.

Sébastien Bouchard, Regroupement citoyen pour la qualité de l'air de Cap-Rouge

Pétition pour la relocalisation de l'usine : www.change.org/t/anacolor-fr

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