Qu'en est-il de la transparence?

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L'auteure de la lettre est une résidente du pavillon Alphonse-Marie-Parent de l'Université Laval.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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Point de vue
Le Soleil

Lettre ouverte en réaction aux agressions au sein des résidences de l'Université Laval

Au service des résidences et à l'Université Laval qui réagit à cette crise, je vous remercie du courriel reçu samedi en soirée m'avisant des entrées par effraction, et de me recommander de verrouiller ma porte. Cependant, pourquoi l'ai-je reçu seulement samedi en soirée? Pourquoi mentionnez-vous seulement l'entrée par effraction, et non les agressions sexuelles? Pourquoi ne mentionnez-vous pas que les agresseurs, d'après les rapports médiatiques, ont rôdé dans le corridor en cognant aux portes entre 3h et 6h?

Pourquoi dois-je apprendre, justement des médias, l'ampleur de la situation? Je peux tirer des déductions sur votre désir de ne pas vouloir semer la panique, mais qu'en est-il de la transparence?

De plus, comme on l'a vu sur une chaîne télévisée, un gardien de sécurité à la porte principale n'empêche pas les allées et venues d'une équipe de journalistes. Or, des journalistes ont pu se rendre, par le souterrain, aux ascenseurs du pavillon, qui mènent directement aux étages où logent les résidents. Si, avec de la sécurité renforcée, des journalistes peuvent passer inaperçus, comment est-ce que la sécurité régulière empêchera les mouvements de personnes plus discrètes? Je suis aussi consciente que les règles des résidences soulignent que les pavillons sont verrouillés entre 23h et 6h.

Cependant, j'en viens à me demander pourquoi les quelques fois où j'entre dans l'édifice après minuit, je n'ai pas besoin de sortir mon trousseau de clés afin de déverrouiller la porte principale puisque celle-ci n'est pas verrouillée. Je suis consciente de l'ampleur de la situation.

Par contre, je suis insatisfaite de la réaction de l'université qui responsabilise les victimes et les résidents. Les témoignages des étudiants dans les médias, selon qui il n'y a pas de réelles restrictions sur les allées et venues des gens, est un problème qui démontre que même si les portes des chambres sont verrouillées, il est possible que l'édifice ne le soit pas. Or, de nous rappeler de verrouiller nos portes est, en effet, une mesure de sécurité essentielle. Qu'en est-il du verrouillage des entrées principales? Qu'en est-il du souterrain? Je demande à la communauté universitaire de se rendre à l'évidence qu'il est inconcevable que nous puissions ne pas être en sécurité chez soi. Je demande à l'Université d'adapter son discours afin de ne pas mettre le blâme sur des portes de chambre qui n'étaient pas verrouillées. Ce n'est pas une invitation! C'est une violation de notre espace privé. Non seulement nous devons fréquemment nous protéger contre les agressions sexuelles dites plus «subtiles», mais aussi des agressions sexuelles violentes dans notre havre. Quand sommes-nous véritablement en sécurité? Ça, c'est le sentiment que l'on vient de nous enlever en cette triste fin de semaine. Qu'est-ce que ça va prendre pour que non seulement nous soyons véritablement en sécurité, mais que nous nous sentions aussi une fois chez nous en «sécurité»? Ce ne sont pas les chaînettes.

Les opinions exprimées dans cette lettre sont les miennes, et je ne prétends pas refléter l'opinion de mes pairs, malgré les références aux constats de ceux-ci dans les médias.

Audrey Brennan, résidente du pavillon Alphonse-Marie-Parent

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