Aide médicale à mourir: appel à la compassion

Lettre aux ministres de la Santé du Canada (Archives La Presse Canadienne)

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Le Soleil

Lettre aux ministres de la Santé du Canada

Ministres de la Santé des provinces et des territoires, vous vous êtes rencontrés le lundi 17 octobre et, le lendemain, avez discuté avec la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott.

Pour des raisons de compassion et de solidarité avec les près de 700 Canadiens qui décèdent chaque jour, pour leurs proches et pour leurs soignants ainsi que pour leurs établissements de soins, je viens audacieusement vous faire une importante et intense invitation : implorez le gouvernement Trudeau de demander dès maintenant à la Cour suprême du Canada son avis sur la loi C-14 portant sur l'aide médicale à mourir, et cela en relation avec son jugement unanime de février 2015. Bien des raisons alimentent et soutiennent mon invitation.

Le présent flou juridique a tellement d'impacts si négatifs sur les personnes en fin de vie, sur celles qui les soignent et qui les accompagnent. Il en ressort beaucoup trop d'insécurité, d'insérénité, de l'angoisse, des malaises, de la douleur, de la souffrance. L'argument d'une loi équilibrée, entre l'accessibilité à l'aide médicale à mourir et la protection des personnes vulnérables, est intéressant, mais il est nettement insuffisant, il souffre d'anémie.

Obliger un citoyen en fin de vie ou à la fin de sa vie à faire le parcours Cour supérieure-Cour d'appel-CSC, cela serait trop laborieux, long, inhumain, cruel, sans coeur, irresponsable, inutile même. La Cour suprême a tout ce qu'il lui faut pour donner son avis, maintenant.

L'avis reçu, les gouvernements sauront enfin comment mettre à jour leurs lois C-14 et Q-2; ils sauront les harmoniser avec le jugement de la CSC et son avis.

S'installera davantage à travers le Canada une sérénité et une paix clinique et sociale tant espérées.

Il est certain que le Sénat applaudira. À raison.

Une dernière demande : préparer le retrait de l'article se rapportant au suicide médicalement assisté, dans C-14 : «de prescrire ou de fournir une substance à une personne, à la demande de celle-ci, afin qu'elle se l'administre et cause ainsi sa mort». Aucune corporation professionnelle au pays n'autorisera ses membres à participer à cette aide inappropriée et irresponsable, incontrôlable et non évaluable. Je suis certain que tous les organismes voués à la prévention du suicide me seconderont dans ma demande. Vive une aide à mourir avec le médecin présent avant-pendant-après lors de la terminaison digne, compatissante et respectueuse de la vie d'une personne éclairée et libre. Mes demandes s'appuient sur mes 32 années de promotion des droits, des libertés et des responsabilités de la personne en fin de vie, en contexte pro-choix.

Pour terminer, parlant surtout de la demande d'avis à la CSC, disons que votre demande la plus unanime possible adressée à la ministre de la Justice et surtout au premier ministre Trudeau, sera inspirante et aspirante pour les centaines de participants au 21e Congrès international sur les soins palliatifs. Cet événement aura lieu au Palais des congrès de Montréal, du 18 au 21 octobre.

Recevez mes salutations ainsi que toute ma gratitude pour l'attention que vous porterez à mes demandes.

Yvon Bureau, travailleur social, consultant bénévole pour un mourir digne et libre, Québec

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