Le philosophe peut-il sauver Trump?

Donald Trump devrait s'inspirer du philosophe allemand Arthur Schopenhauer... (AFP, Mary Schwalm)

Agrandir

Donald Trump devrait s'inspirer du philosophe allemand Arthur Schopenhauer qui a écrit L'art d'avoir toujours raison pour sortir indemne du prochain débat, estime le professeur de marketing David Crête.

AFP, Mary Schwalm

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
Le Soleil

Donald Trump est attaqué de toutes parts. Mercredi soir, lors du dernier débat de la présidentielle à Las Vegas, il aura beaucoup à faire pour sauver les apparences.

Lors du deuxième débat, le 9 octobre, il a bien fait, du point de vue de la mécanique, alors qu'Hillary Clinton a remporté la bataille du contenu. Cette fois-ci, pourra-t-il s'en sortir encore? Comment peut-il éviter le K.-O.? Existe-t-il une recette? Oui et non. Il faut revenir à la source et aller au-delà de tous ces experts en communication qui pullulent.

En 1830, le philosophe allemand Arthur Schopenhauer publiait L'art d'avoir toujours raison ou quoi faire pour gagner, au mieux, sortir vivant d'une telle joute. D'abord, les adversaires devraient être du même niveau, en savoir et en intelligence. Si le savoir manque à l'un, il ne comprend pas tout et n'est pas au niveau. Si c'est l'intelligence qui lui fait défaut, son irritation pourra le pousser à la mauvaise foi, à la ruse et à la grossièreté. Donc, ne pas débattre avec le premier venu, seulement avec celui que l'on connaît. 

Le philosophe y va également de stratagèmes que tout débatteur devrait connaître, Trump le premier. Parmi ceux-ci :

  1. L'extension abusive : déformer l'affirmation de l'adversaire en l'élargissant volontairement pour la rendre fausse.
  2. Utiliser de faux arguments : utiliser le mode de pensée de son opposant pour réfuter une de ses propositions fausses au moyen d'autres propositions fausses.
  3. Postuler ce qui n'a pas été prouvé : on présente comme évidente une chose qui n'a pas été prouvée.
  4. Noyer le poisson : poser beaucoup de questions tout en exposant très rapidement son argumentation défaillante; ceci pour perdre l'interlocuteur qui a besoin de temps pour suivre le raisonnement.
  5. Mettre l'adversaire en colère : en étant ouvertement injuste envers lui. Le but est de le mettre hors d'état de porter un jugement juste.
  6. L'argument ad hominem : après une affirmation de l'opposant, on montre qu'il est en contradiction avec son comportement ou avec ce qu'il a dit auparavant. 
  7. Tirer la conclusion : on impose une conclusion sans demander l'avis de son interlocuteur. 
  8. Trouver une exception : dénicher un exemple contraire.
  9. Faire diversion : si nous sommes sur le point d'être battu, on fait diversion, on parle d'autre chose et pourquoi pas une attaque personnelle.
  10. Déconcerter par des paroles insensées : le but est de déstabiliser par des bêtises qui ont un air savant. Si l'opposant ne peut riposter ou analyser, on fait passer ces paroles pour une preuve irréfutable. 
  11. L'attaque personnelle : si l'adversaire est supérieur, et que l'on va perdre, on tient des propos désobligeants, blessants. On délaisse l'objet du débat. Ce stratagème est comme un dernier recours.
Voilà donc un échantillon de techniques sur les manières de se sortir d'une impasse, de survivre à une controverse ou de mettre un adversaire K.-O. On est ici dans l'art des apparences afin de convaincre l'auditoire que nous avons raison même si, en vérité, nous avons tort.

Mercredi soir, Schopenhauer pourrait permettre à Trump de s'en sortir indemne. 

David Crête, professeur de marketing, École de gestion, UQTR

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer