Malartic: la mine de la discorde

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Les Anishnabe n'ont pas été consultés sur le projet d'agrandissement de la mine aurifère Canadian Malartic, déplore le chef de la Première Nation Abitibiwinni, David Kistabish.

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Le Soleil

Il y a un mois, nous étions plus d'une centaine d'Anishnabe de trois communautés distinctes soit celles d'Abitibiwinni, de Lac-Simon et de Long Point (Winneway), à manifester aux abords de la route 117. Nos trois communautés ont signifié haut et fort que le projet d'agrandissement de la mine aurifère Canadian Malartic ne pouvait se faire dans l'ignorance la plus totale de nos droits constitutionnels. Une fois de plus, nous ne pouvons que déplorer l'absence de consultation de notre peuple dans ce dossier.

Le projet d'agrandissement de la mine de Malartic a été l'objet de consultations publiques du BAPE dont le rapport d'enquête a été déposé au ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, le 5 octobre 2016. Ce dernier dispose de 60 jours suivant le dépôt du rapport pour le rendre public, mais une motion adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale lui demande de le rendre public sans délai.

À ceux qui voudront entreprendre la lecture du rapport, un constat s'impose: notre Nation n'a pas été consultée par le gouvernement du Québec. Notre voix a été occultée, et le ministre Heurtel, à qui nous avons offert plus d'une fois de nous rencontrer pour discuter de la situation, n'a jamais répondu à nos appels. Pourtant, il est du ressort du gouvernement et de sa responsabilité d'honorer leurs obligations à notre égard et de nous fournir des solutions concrètes.

Sans chercher à excuser le caucus Couillard dans ce dossier, les gouvernements successifs ont toujours démontré un entêtement et un aveuglement volontaires à notre endroit. En cette matière, l'actuel ministre du Développement durable et de l'Environnement, David Heurtel, ne fait pas exception à ce qui semble être la règle. Jusqu'à maintenant, les nombreuses lettres envoyées à son cabinet afin d'obtenir un processus de consultations et d'accommodements, tel que la loi et les tribunaux le requièrent, n'ont pas porté les fruits escomptés.

Alors que le projet d'agrandissement de la mine semble se régler derrière des portes closes et que le rapport du BAPE s'est fait sans notre communauté, nous n'avons reçu qu'une seule missive positive, soit une invitation à rencontrer une fonctionnaire. Nous considérons cette réponse comme un autre subterfuge pour gagner du temps et pour nous signifier leur manque d'intérêt à régler le dossier et à réparer les erreurs du passé. Il faut également rappeler que le processus du BAPE à lui seul n'est pas suffisant pour pourvoir aux obligations du gouvernement de consulter les Premières Nations.

Les projets qui ont cours sur notre territoire ancestral doivent se faire avec notre approbation ou ne se feront pas. Aussi, si le respect des Premières Nations n'est pas à l'ordre du jour de ce gouvernement et de son ministre de l'Environnement, nous allons prendre toutes les mesures disponibles pour faire respecter nos droits. Notre intérêt est simple, nous voulons, comme l'ensemble de la population québécoise, assurer le bien-être de nos communautés ainsi que l'avenir de nos enfants dans le respect de nos traditions, le tout dans des conditions optimales pour assurer le développement durable de notre territoire.

Nous sommes là, bien visibles, malgré la volonté de plusieurs de nous voir disparaître. Nous pourrions être des alliés comme c'était déjà le cas avant la colonisation. Nous sommes un peuple fier. Pour une raison qui nous échappe encore, on fait comme si nous n'étions pas là.

Nous vous invitons à reconsidérer votre position. Des solutions sont encore possibles. Nous sommes ouverts au développement économique et nous attendons du gouvernement qu'il bâtisse des ponts entre nous et les exploitants privés sur nos territoires. Monsieur Heurtel, nous vous attendons depuis trop longtemps et un BAPE n'est pas un mécanisme pour vous permettre de vous défiler devant vos responsabilités.

David Kistabish, chef, Première Nation Abitibiwinni

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