Nouveau conflit du bois d'oeuvre: c'est tout le Québec qui sera touché

Toute l'économie du Québec sera touchée par le... (Archives La Presse)

Agrandir

Toute l'économie du Québec sera touchée par le conflit du bois d'oeuvre qui se dessine entre le Canada et les États-Unis, soutiennent les auteurs.

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
Le Soleil

Malgré les avancées positives issues de la rencontre entre le premier ministre Justin Trudeau et le président Barack Obama, tout porte à croire que le Canada et les États-Unis s'engageront dans un nouveau conflit sur le bois d'oeuvre. En l'absence d'accord, il apparaît inévitable qu'une taxe frappera sous peu l'entrée de nos produits forestiers aux États-Unis. L'industrie québécoise risque ainsi d'être pratiquement éjectée du marché américain.

Les impacts de ce nouveau conflit ne se limiteront pas aux régions. L'industrie forestière est le premier secteur manufacturier au Québec en matière d'emplois directs avec 60 000 emplois, dont 20 000 proviennent exclusivement du domaine du sciage. Cette industrie est présente dans 225 municipalités québécoises et génère 8 milliards $ d'exportation, dont 1 milliard $ est attribuable au bois d'oeuvre. À la lumière de ces données, il est clair que c'est toute l'économie du Québec qui sera touchée par le conflit qui se dessine. En termes de valeur, le conflit du bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis est la plus importante guerre commerciale au monde, et le Québec est directement touché, plus durement que l'Ouest canadien.

En 35 ans, ce sera la cinquième fois que le Canada et les États-Unis seront en conflit ouvert sur le bois d'oeuvre. Chaque fois, les États-Unis ont prétendu que l'industrie québécoise était subventionnée et que la concurrence était de ce fait déloyale. Chaque fois, les tribunaux internationaux ont donné raison au Canada. À la suite du dernier litige, le Québec s'est doté d'un nouveau système de mise en marché du bois qui permet à la fois de mieux gérer la ressource et de rendre nos pratiques conformes aux exigences américaines. L'issue de ce nouveau conflit est déjà écrite. Il y a tout lieu de croire que l'on donnera à nouveau raison au Canada. Mais ce sera long.

Ce nouveau conflit fera mal. C'est certain. Malgré cette nouvelle plainte des Américains, nous croyons que les négociations doivent se poursuivre afin d'en venir rapidement à un accord qui tiendra compte de notre nouveau régime forestier et qui maintiendra une exclusion pour certaines scieries québécoises situées près de la frontière américaine qui s'approvisionnent presque exclusivement dans les forêts du Maine.

Se serrer les coudes

Au cours des dernières années, le secteur forestier québécois a effectué un virage remarquable. C'est une de nos industries qui contribue le plus à notre balance commerciale. Elle est pleinement tournée vers le développement durable, 90 % de la forêt québécoise étant certifiée. C'est une industrie d'innovation; du bioraffinage aux bioproduits, on ne cesse de trouver de nouveaux usages à la fibre de bois dans des créneaux parmi les plus porteurs. Dans quelques jours se tiendra le Forum Innovation Bois mis de l'avant par le gouvernement du Québec qui vise à reconnaître l'apport du secteur forestier dans le développement d'une économie verte. Car malgré les embûches, c'est un secteur dynamique. Il y a de l'avenir dans notre forêt et le secteur forestier demeure l'une des grandes forces de l'économie québécoise.

Pendant ce temps, l'industrie poursuivra ses efforts d'amélioration, d'innovation. Elle continuera de diversifier ses marchés. Mais l'aide gouvernementale sera nécessaire. Il est impératif que le gouvernement fédéral mette sur pied un programme de prêts et de garanties de prêt, pour traverser le conflit, protéger les emplois, maintenir les opérations. C'est le temps de se serrer les coudes, car c'est tout le Québec qui est touché.

Jean-Pierre Boivin, président, Alliance Forêt Boréale; François Vaudreuil, président, Centrale des syndicats démocratiques; André Tremblay, président-directeur général, Conseil de l'industrie forestière du Québec; Yves-Thomas Dorval, président-directeur général, Conseil du patronat du Québec; Alain Lampron, président, Fédération de l'industrie manufacturière CSN; Stéphane Forget, président-directeur général, Fédération des chambres de commerce du Québec; Richard Lehoux, président, Fédération québécoise des municipalités; Éric Tétrault, président, Manufacturiers et Exportateurs du Québec; Alexandre Cusson, premier vice-président, Union des municipalités du Québec; Renaud Gagné, directeur québécois, Unifor Québec - FTQ. 

Partager

À lire aussi

  • Brigitte Breton | Des «noeuds» dans l'économie

    Brigitte Breton

    Des «noeuds» dans l'économie

    ÉDITORIAL / Une «cinquième guerre» opposant le Canada et les États-Unis sur le bois d'oeuvre s'annonce. Et une fois de plus, elle risque de faire mal... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer