Évaluer les déplacements internes

Le projet de construire un nouveau lien pour... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Le projet de construire un nouveau lien pour relier les deux rives du Saint-Laurent, à l'est de Québec et de Lévis, avec peut-être une jonction avec l'île d'Orléans, ne réglerait probablement pas les déplacements internes sur la rive sud.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

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Le Soleil

L'actualité régionale est actuellement accaparée par le projet d'un troisième axe routier entre les deux rives du Saint-Laurent, à l'est de Québec et Lévis, avec peut-être une jonction avec l'île d'Orléans. Avec la connivence de certains animateurs de radio, le projet soulève l'enthousiasme chez une partie de la population et certainement parmi les personnes qui, par choix, demeurent sur la rive sud et traversent quotidiennement les ponts en automobile pour travailler sur la rive nord. Ce lien pourrait faciliter les déplacements interrégionaux, mais il n'accommoderait certainement pas les déplacements internes à l'agglomération de Lévis ou à la région de la Chaudière-Appalaches.

Car la ville de Lévis n'est pas et n'est pas destinée à n'être qu'un dortoir pour la ville de Québec. Elle s'affirme plutôt comme un pôle majeur d'activités qui offre de nombreux emplois, notamment au Mouvement Desjardins, et elle est en position d'exercer une attraction majeure en matière de services, de commerces et d'industries sur les régions avoisinantes de Montmagny-Bellechasse, de la Beauce et de Lotbinière. Cette dynamique suscite de nombreux déplacements locaux et régionaux qui n'impliquent aucune traversée du Saint-Laurent. Comme le suggérait le chroniqueur François Bourque du Soleil, les enquêtes origine-destination devraient être mises à jour, ce qui préciserait le portrait de ces déplacements internes et en montrerait la proportion par rapport à ceux qui traversent le fleuve.

Or ces déplacements internes constituent déjà une problématique majeure de circulation sur la rive sud. Le territoire du grand Lévis est coupé par la rivière Chaudière et les deux segments du principal axe routier de l'agglomération (route 132), soit le boulevard Guillaume-Couture à l'est et la route Marie-Victorin à l'ouest, ne sont reliés entre eux que par leur aboutissement commun au pont de Québec, dans un échangeur tortueux et désuet. Aucun autre axe routier urbain ne traverse la rivière Chaudière, si ce n'est la route 218, beaucoup plus au sud, au niveau de Saint-Lambert. Les automobilistes qui veulent se déplacer d'est en ouest sont ainsi forcés d'utiliser l'autoroute 20 et l'autoroute 73 et encombrent davantage ces axes et les accès aux ponts. Pour accommoder cette circulation locale, le ministère des Transports a, au cours des années, simplement ajouté des voies aux autoroutes et à leurs accès.

On devrait pourtant examiner sérieusement la possibilité de relier le boulevard Guillaume-Couture à la route Marie-Victorin par un lien plus direct passant sous la voie ferrée et au-dessus de l'autoroute 73 et de la rivière Chaudière. Cette intervention exigerait un réaménagement majeur des secteurs environnants et des investissements financiers importants. Mais, ne serait-ce pas justement l'occasion pour la Ville de Lévis d'accentuer la mise en oeuvre du pôle urbain qu'elle développe à la tête des ponts. Avec une telle intervention, la Ville concrétiserait le regroupement des communautés situées de part et d'autre de la Chaudière et consoliderait l'opération de fusion municipale qui l'a précédé.

En outre, cette intervention rendrait plus facile la réalisation des projets de transport en commun desservant la Rive-Sud, de même que leur liaison rapide avec la Rive-Nord (notamment avec le service rapide par bus) et leur articulation avec le système de transport de l'agglomération de Québec. Le réseau autoroutier et les ponts actuels seraient allégés d'une partie de la circulation actuelle. On pourrait alors mesurer l'effet de ces interventions et réévaluer la nouvelle distribution des déplacements. On pourra ensuite revoir la performance du réseau autoroutier majeur et déterminer le réel besoin d'un troisième lien traversant le Saint-Laurent.

Philippe Barrette, Québec

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