En Colombie, l'impossible pardon

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Alors que les sondages prévoyaient une victoire du Oui, les Colombiens ont provoqué la surprise en votant contre l'accord de paix intervenu entre le gouvernement et les FARC.

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Le Soleil

Stupéfaction dans le monde entier; en Colombie, le Non l'emporte de peu, à 50,23 %, contre 47,76 % pour le Oui, dans le référendum qui devait ratifier la paix, entre le chef des FARC, Rodrigo Londono, surnommé Timochenko, et le gouvernement du président Juan Manuel Santos, après plus de 50 ans de guerre fratricide. Ce référendum avait été pourtant déclaré largement gagnant depuis des semaines et même dans les sondages des derniers jours.

Que s'est-il donc passé pour en arriver là alors que la paix était à portée de main? Premièrement, la population n'est allée voter que dans une très faible proportion, soit 37,28 %. Elle a préféré rester chez elle, très méfiante envers le processus amorcé depuis quatre ans, qui devait mener vers une paix stable et durable. Faire ratifier par le peuple ce règlement de 297 pages signé à La Havane était risqué, mais l'espoir de voir naître la paix dans un coin du monde aveuglait quelque peu les analystes étrangers.

Ce règlement avait été déclaré très décevant par l'ex-président et actuel sénateur Alvaro Uribe. Le contentieux était de toute évidence beaucoup trop lourd à régler! Après tant de souffrances, comment accepter l'intégration des criminels de guerre à la société civile, les remises de peines, et réparations comme si rien ne s'était passé? Les plaies sont trop profondes, impossibles à nier.

Pour le gouvernement démocratiquement élu de Juan Manuel Santos, un Non à l'accord, c'était renvoyer les FARC dans la jungle. Pour le peuple, c'était refuser l'impossible pardon, refuser que ces forces armées révolutionnaires puissent un jour gouverner le pays. Elle craint comme la peste un régime qui évoluerait vers une forme de «castrochavisme».

Il faut de l'héroïsme pour tourner la page sur tant de cruautés, de meurtres, d'exactions, de vols, de viols, de mensonges et de tortures de toutes sortes. Il est impossible de tout oublier, de passer l'éponge. La population lasse et meurtrie par cette guerre civile a besoin de réparations, de dédommagements d'un long processus de réconciliation. Elle réclame justice, elle réclame que les criminels soient jugés et paient finalement pour leurs crimes avec des peines exemplaires. Elle attend des garanties qu'elle n'a pas encore ou obtenir.

Elle boude le référendum parce qu'elle estime que le gouvernement du président Juan Manuel Santos a trop cédé aux FARC, ce qui laisse entendre que les crimes demeureront impunis et seront de plus en plus banalisés. Les sanctions prévues contre les crimes les plus graves, beaucoup trop laxistes, ont fait en sorte que la population n'accepte pas le processus de paix stable et durable tel que signé.

Souhaitons que les négociations puissent se poursuivre, mais sans les armes, que chaque camp mène son combat, mais seulement par la parole, selon le voeu exprimé par un des dirigeants des FARC. 

Jean-Louis Bourque, Québec

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