Lisée, marchand de sable?

Jean-François Lisée... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Jean-François Lisée

Le Soleil, Patrice Laroche

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Le Soleil

«La peste [...] faisait aux animaux la guerre. Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés» (Jean de La Fontaine). Les candidats péquistes ne perdirent pas tous leurs élections en 2014, mais, tels les animaux de la fable, ils furent tous frappés par l'ambiguïté funeste que véhiculait leur position sur la question référendaire. La défaite cinglante provoqua un électrochoc, et les troupes enthousiastes, fortes de la renommée d'un nouveau chef, affirmèrent alors clairement leur volonté de faire un pays.

Malheureusement, le sauveur se sauva, et seuls deux aspirants-chefs combattent encore la peste de l'ambiguïté. Martine Ouellet assume clairement l'option fondamentale du parti, alors que J.-F. Lisée, au contraire, la relègue à un futur lointain, jetant ainsi un voile opaque sur la souveraineté.

Consultera-t-il vraiment les Québécois à ce moment-là? On croyait en 2013 qu'il assumait la charte des valeurs, allant même avec son collègue Drainville jusqu'à la défendre, président Jefferson à l'appui, à la prestigieuse tribune du New York Times. Après la défaite, il s'empressa de la renier. Il instrumentalisa ainsi la charte dans un but purement électoraliste tout comme il instrumentalise maintenant une position identitaire forte pour gagner contre son rival Cloutier dans une attaque que Michel David juge carrément «vicieuse».

Sa position identitaire se maintiendra-t-elle? Rappelons-nous le député Lisée, qui souhaitait interdire en 2013 le port de signes convictionnels politiques et religieux dans la fonction publique, mais affichait en même temps sans gêne le «carré rouge». Handicapé par l'âme même du programme de son parti dans la prise du pouvoir, le faustien de Rosemont la troque maintenant pour une hypothétique prise de pouvoir provincialiste. On comprend un peu pourquoi ce malin, à l'image du loup grand clerc de la fable, va jusqu'à menacer d'exclusion Martine, «la pelée, la galeuse», qui affiche un peu trop l'image d'un Parti québécois authentique.

Les militants, s'ils sont encore indépendantistes bien sûr, se laisseront-ils berner par ce nouveau marchand de sable, par ce joueur de flûte de Hamelin?

Romain Gagné, Québec

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