L'INO à la croisée des chemins

Grâce à l'INO, au Centre d'optique-photonique de l'Université... (Photothèque Le Soleil)

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Grâce à l'INO, au Centre d'optique-photonique de l'Université Laval et aux nombreuses entreprises maîtrisant cette expertise, l'optique-photonique est reconnue comme pôle d'excellence au niveau international. Mais ce pôle d'excellence est présentement menacé, estime l'auteur.

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Le Soleil

Au terme de la 31e assemblée annuelle de l'Institut national d'optique (INO), il est opportun de faire part de quelques commentaires touchant l'organisation, et surtout son devenir. D'entrée de jeu, l'année 2015-2016 peut être qualifiée d'excellente grâce à des revenus externes exceptionnels, traduisant le besoin grandissant des entreprises.

La dernière année fut également marquée par le renouvellement des ententes avec les gouvernements fédéral et provincial pour un montant totalisant 50 millions $ sur cinq ans. L'an dernier, l'INO invitait Québec et Ottawa à mettre en place une véritable politique axée sur l'innovation et la création de richesse. Répondant à l'appel, les gouvernements annonçaient, au début de 2016, leur intention de miser sur l'innovation pour stimuler la croissance économique et accroître la compétitivité des entreprises.

La contribution de l'INO, depuis 1985, peut se traduire ainsi : la création de 4000 emplois, une contribution annuelle au PIB canadien de 344 millions $, l'obtention de 232 brevets, la création d'une trentaine d'entreprises et la réalisation de 64 transferts technologiques. Grâce à l'INO, au Centre d'optique-photonique de l'Université Laval et aux nombreuses entreprises maîtrisant cette expertise, l'optique-photonique est reconnue comme pôle d'excellence au niveau international.

Mais ce pôle d'excellence est présentement menacé.

Dans les années 1980, peu d'individus prévoyaient les répercussions sociales et économiques qui résulteraient de l'optique-photonique. Ainsi, la création de logiciels de travail, de produits de divertissement et d'Internet ont littéralement bouleversé les habitudes de consommation. Au cours des 5 à 10 prochaines années, deux technologies auront un impact significatif sur l'industrie de la consommation : l'Internet des objets et la robotique avancée. McKinsey, dans son rapport de 2015, estimait que les retombées économiques mondiales liées à l'Internet des objets se situeront à 6000 milliards $ en 2025, alors que celles liées à la robotique avancée, à 4000 milliards $.

Dans l'Internet des objets, les transports, les infrastructures, les personnes et de nombreux appareils seront équipés de capteurs permettant de surveiller l'environnement, saisir l'information pertinente, l'analyser et la communiquer. La robotique avancée, elle, se concentre sur la vision, la compréhension et l'interaction du robot avec son environnement, à travers la vidéo analytique, la mobilité ainsi que le calibrage des caméras. Ces technologies contribueront à une hausse majeure du flot de données associées à l'Internet des objets, soulevant des enjeux de sécurité quant aux systèmes de communication. Dans ce contexte, l'optique-photonique sera appelée à jouer un rôle d'avant-garde, générant la richesse de demain et s'imposant comme technologie incontournable.

L'Union européenne s'est engagée par le biais de l'initiative Horizon 2020, y consacrant 100 milliards $. De leur côté, les États-Unis ont accordé un investissement multipartite de près de 900 millions $ à Rochester. Pour le Canada, maintenir les investissements en optique-photonique au niveau actuel reviendrait à renoncer à sa position stratégique et à marginaliser sa contribution à l'économie. En d'autres mots, des investissements majeurs et structurels s'imposent étant donné les besoins de la population. Dans ce contexte, l'INO, chef de file en optique-photonique, se retrouve à la croisée des chemins et se permet de soumettre une proposition à deux volets.

Premièrement, l'INO demande un financement additionnel de 50 millions $ auprès de chacun des deux paliers gouvernementaux, comme réclamé l'an dernier dans le cadre du renouvellement des contrats de financement. Cela représente une augmentation de 5 millions $ pour chaque palier, et ce, pour cinq ans. Rappelons que le financement prévu pour l'exercice 2016-2021 n'a pas été indexé par rapport à 2011-2016.

Deuxièmement, l'INO proposera dans les prochains mois d'assumer la coordination du déploiement d'une grappe pancanadienne en optique-photonique pour développer des technologies de rupture qui seront transférées aux entreprises. Ce projet s'inscrit dans le cadre du Programme d'innovation du gouvernement fédéral visant à faire du Canada un pôle mondial d'innovation et d'en faire bénéficier toutes les régions, notamment le Québec.

Cette proposition ne relève pas du rêve mais bien d'une proche réalité à laquelle l'INO s'engage à contribuer en y consacrant toutes ses ressources et ses énergies afin de confirmer le rôle majeur de la région comme pôle d'excellence canadien en optique-photonique. Pour y parvenir, il faudra non seulement consolider les acquis mais y investir les ressources nécessaires. Avec les défis auxquels cette industrie hyper-compétitive fait face, les gouvernements se doivent d'accroître leur contribution, à l'image de l'Union européenne et des États-Unis. L'INO invite donc ses collaborateurs, gens d'affaires et partenaires gouvernementaux à le suivre dans l'atteinte de ces objectifs, certes exigeants, mais des plus prometteurs pour la région de Québec!

Jean-Guy Paquet, Président du C. A., INO

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