Pensons aussi à la fumée de cannabis secondaire

La légalisation de la marijuana ne doit pas... (Archives AFP, Robyn Beck)

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La légalisation de la marijuana ne doit pas contribuer à l'émergence de problèmes inattendus pouvant miner les gains en santé publique qui ont été chèrement acquis, soulève l'auteur.

Archives AFP, Robyn Beck

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Le Soleil

Le débat sur la légalisation de la marijuana ne concerne pas uniquement les usagers. En effet, l'Association pour les droits des non-fumeurs (ADNF) reçoit déjà des appels de la part du public qui se soucie des conséquences de la fumée de marijuana secondaire sur leur santé, plus particulièrement dans les immeubles résidentiels.

Tout comme la feuille de tabac, la combustion de la feuille de marijuana libère dans l'air de nombreuses substances nocives, dont des produits cancérigènes, qui affectent non seulement la santé de l'usager, mais également celle du non-usager. Par ailleurs, le haschich, la résine de cannabis, est souvent mélangé avec du tabac pour pouvoir le fumer, dégageant ainsi les contaminants habituels dans l'air.

Pour le moment, il faut une autorisation du gouvernement fédéral pour consommer légalement de la marijuana, et ce, uniquement à des fins thérapeutiques. Plus de 67 000 personnes ont obtenu à ce jour une telle autorisation, ce qui représente un bond de 55% depuis le début de l'année. Avec ces demandes d'autorisation qui continueront probablement d'augmenter et avec la légalisation de la marijuana, l'ADNF prévoit que les problèmes d'exposition à la fumée de marijuana secondaire ne cesseront de progresser.

Il est important de rappeler que la Loi concernant la lutte au tabac au Québec s'applique à tout produit «que l'on porte à sa bouche pour inhaler toute substance contenant de la nicotine ou non». Il n'est donc pas permis de fumer de la marijuana ou du haschich dans les lieux publics et les milieux de travail au Québec. Cette interdiction s'étend également aux espaces communs des immeubles résidentiels comprenant deux unités d'habitation et plus. Par contre, elle ne couvre pas l'intérieur des unités privatives dans les immeubles de logements ou de condominiums.

Or, il est possible en vertu du Code civil du Québec de mettre en place un règlement interdisant de fumer dans les unités privatives des immeubles résidentiels. De plus, la Loi concernant la lutte contre le tabac a été écrite de telle façon à établir une norme minimale permettant ainsi à quiconque d'aller plus loin. D'ailleurs, un nombre croissant de propriétaires interdisent maintenant de fumer du tabac partout dans leurs immeubles résidentiels, et ce, même à l'intérieur des unités privatives. Il sera donc important pour eux, ainsi que pour tous les autres propriétaires voulant éviter les plaintes à propos de la fumée de marijuana, de s'inspirer du libellé de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme pour modifier ou mettre en place leur propre règlement dans le but d'interdire l'utilisation de tout produit fumé dans leurs propriétés.

Certains pourraient évidemment évoquer le droit de fumer de la marijuana dans leur propre résidence parce qu'ils ont justement obtenu l'autorisation d'en consommer de la part du gouvernement fédéral. Le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario a déjà statué que le fait de posséder une telle autorisation ne signifie pas pour autant que la personne détient un droit absolu de fumer de la marijuana où bon lui semble. Une récente décision de la Cour suprême du Canada a également élargi la définition de la marijuana thérapeutique pour inclure, entre autres, l'huile de cannabis. On peut donc consommer de la marijuana sans combustion. Par exemple, Santé Canada a déjà approuvé comme instruments médicaux deux vaporisateurs permettant ainsi d'obtenir sa dose de THC tout en évitant de contaminer fortement l'air environnant.

La légalisation de la marijuana ne constitue certes pas un enjeu de société futile. Par contre, elle ne doit pas contribuer à l'émergence de problèmes inattendus pouvant miner les gains en santé publique qui ont été chèrement acquis.

François Damphousse, M. Sc., directeur, bureau du Québec, Association pour les droits des non-fumeurs

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