Le dossier noir de L'Accalmie à Baie-Saint-Paul

La présence des restes de la goélette L'Accalmie... (Photothèque Le Soleil)

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La présence des restes de la goélette L'Accalmie gâche en partie la vue et le plaisir aux visiteurs qui se rendent au quai municipal de Baie-Saint-Paul.

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Le Soleil

Les gens qui visitent Baie-Saint-Paul ne manquent jamais de se rendre dans le secteur de la plage et du quai municipal, accessible au bout de la rue Sainte-Anne, ou en empruntant, à pied ou en vélo, le chemin des Petites-Franciscaines.

Malheureusement, un gros tas de débris gâche en partie la vue et le plaisir sur la plage sablonneuse. Il s'agit des restes de L'Accalmie, une goélette qui a abouti là en fin de carrière. L'épave était très prisée des photographes et des artistes peintres jusqu'à ce qu'un incendie la transforme en ruines. Depuis, elle gît sur la berge du fleuve tel un cadavre éventré.

Notre conseil municipal a d'abord exprimé l'intention de nous débarrasser des restes de L'Accalmie, puis y a renoncé dernièrement en prétextant un empêchement légal et le coût trop élevé de l'opération. Des arguments irrecevables. Le propriétaire du terrain concerné est consentant. Quant au propriétaire de la défunte goélette, il a déménagé sans laisser d'adresse, abandonnant toutes ses responsabilités dans l'affaire. Par ailleurs, les Saint-Paulois ont dû assumer sous l'administration du maire Fortin des dépenses beaucoup plus importantes et moins utiles que ce nettoyage de la plage. Sans compter que la Ville pourrait demander par l'entremise de notre députée une aide financière au ministre de l'Environnement, car il s'agit d'une mesure de salubrité et de sécurité publiques. Vérification faite, cette démarche n'a pas été effectuée.

Le spectacle ne peut que laisser une impression défavorable. La présence des ruines est d'autant plus incompréhensible que le maire Jean Fortin veut obtenir du ministre David Heurtel l'autorisation de construire une passerelle de bois à proximité. Érigée depuis le quai, cette passerelle sur pilotis traverserait la réserve naturelle protégée que constituent les marais salins pour aboutir à l'ouest au chemin de la Pointe. L'installation fait partie d'un vaste projet de réaménagement du secteur de la plage, comprenant un centre d'interprétation du Saint-Laurent. Un quart du coût total estimé de 2,2 millions $ serait assumé par la Ville, déjà surendettée de 40 millions $. Pourtant, le gouvernement du Québec, par l'entremise du ministère du Tourisme, s'est déjà engagé à verser une aide de 750 000 $ pour réaliser ce projet qui est loin de faire consensus, comme en témoignent les refus répétés du ministère de l'Environnement.

D'autres municipalités au Québec ont réussi à mettre en valeur des milieux humides à l'intérieur de leurs terres. On se demande ce que Baie-Saint-Paul aurait à gagner à altérer la beauté naturelle exceptionnelle de son rivage fluvial, perturbant du même coup les espèces sauvages qui le fréquentent. Les marcheurs (dont je suis) disposent déjà d'un sentier d'accès aux marais sur la terre ferme, et ce, tout le long du rivage. De plus, il existe une tour d'observation située près des marais, qui aurait seulement besoin d'être dotée d'un ou deux étages additionnels. C'est l'approche exemplaire, respectueuse des écosystèmes, qu'a adoptée pour sa propre zone de marais la Réserve nationale de faune du cap Tourmente, près de Québec.

Si le maire Fortin souhaite favoriser la marche chez ses concitoyens, il devrait plutôt doter la ville de davantage de trottoirs, à commencer par le boulevard Monseigneur-De Laval, présentement accaparé par la circulation motorisée. La présence de piétons et de cyclistes, avec une réduction de la vitesse maximale, contribuerait à humaniser les lieux. On se serait attendu à ce que le maire utilise à cette fin une subvention pour les infrastructures, mais il a préféré investir dernièrement près d'un million de dollars dans le pavage d'une section du fort peu fréquenté chemin Sainte-Catherine.

Baie-Saint-Paul prétend vouloir inspirer le monde, comme en témoigne son récent colloque sur le développement durable. Dans les faits, autant en matière d'aménagement urbain que de celui du territoire, nos élus font le plus souvent passer les considérations environnementales au second plan, quand elles ne sont pas carrément évacuées.

Clément Fontaine, Baie-Saint-Paul

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