Attention à la réforme électorale

Avant de jeter sommairement le système électoral actuel... (Archives AFP, Nicholas Kamm)

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Avant de jeter sommairement le système électoral actuel en raison de quelques défaillances, assurez-vous que le remède n'est pas pire que la maladie, plaire l'auteur.

Archives AFP, Nicholas Kamm

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Le Soleil

Un comité parlementaire fédéral étudie actuellement comment instaurer un nouveau système électoral.

Une critique fréquente du système actuel est qu'il est supposément figé, ce qui est faux. Au fédéral, quatre partis siègent déjà au Parlement. Avec un «marketing» différent, le Nouveau Parti démocratique aurait très bien pu prendre le pouvoir en 2015. L'Ouest canadien et le Québec se sont ajustés souvent pour faire valoir leurs intérêts. Dans l'Ouest, on a vu la naissance de nouveaux partis: le Reform Party, l'Alliance et la modification complète des progressistes-conservateurs. Différents courants québécois ont été bien retransmis par le Ralliement créditiste, le Crédit social et le Bloc québécois.

Au Québec, qui aurait cru, après la mort du tout-puissant Union nationale, à l'arrivée subite du PQ, de l'ADQ et la CAQ. Plus récemment encore on voit d'autres courants véhiculés par les solidaires et Option nationale.

En somme, les deux niveaux de législature réussissent assez bien-et sans cassure fondamentale - à s'ajuster aux attentes.

Quant aux systèmes proportionnels, il faut être extrêmement prudent. Citons trois cas souvent vantés du «système compensatoire mixed»: la Nouvelle-Zélande, l'Allemagne et l'Écosse. On voit qu'il y est à peu près impossible d'obtenir une majorité.

Au Danemark, où on utilise un système «proportionnel avec liste de parti», tous les gouvernements de 1982 jusqu'à 2015 ont été des coalitions. En Irlande avec un «système proportionnel avec vote transférable», il n'y a aucun gouvernement majoritaire depuis 1977. La prise de décision dans de tels cas pourrait être assez difficile, sinon impossible.

Si le choix de système électoral n'affectait que la vie interne d'un pays, ça serait un moindre mal. Mais la manière utilisée pour choisir un gouvernement peut même avoir un impact mondial. En Israël, un parti politique reçoit des sièges selon le nombre de votes reçus. À la Knesset - le parlement israélien - il peut y avoir typiquement jusqu'à 10 ou 12 partis qui se partagent les 120 sièges. La balance du pouvoir est alors constamment tenue par les groupes extrémistes. Dans de telles circonstances, la paix entre Israël et les Palestiniens est pratiquement impossible. Et il en va de même pour la paix dans le monde.

Alors, avant de jeter sommairement le système actuel en raison de quelques défaillances, assurez-vous que le remède n'est pas pire que la maladie.

Robert Pelley, Québec

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