Réglementation des pesticides: les engagements tardent

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La modernisation du cadre légal et réglementaire entourant les pesticides au Québec, d'abord prévue à l'hiver 2016, tarde toutefois à être soumise à l'Assemblée nationale, des délais qui n'augurent rien de bon, estiment les auteurs.

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C'est un fait bien connu : les ventes de pesticides ne cessent d'augmenter. En effet, il se vendait en 2014 10,3 % plus de pesticides qu'en 1992, selon le plus récent Bilan des ventes de pesticides du Québec. Qui plus est, les pesticides utilisés sont encore plus toxiques qu'auparavant : en 2014, les indicateurs de risque des pesticides utilisés en agriculture ont augmenté de 14 % pour l'environnement et de 4 % pour la santé humaine par rapport à la période de référence 2006-2008.

Les pesticides sont omniprésents dans l'eau des rivières en zone agricole selon les données du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). À titre d'exemple, l'atrazine est retrouvée dans 98 % des échantillons prélevés par le MDDELCC dans les rivières de zones cultivées en maïs.

En 1992, le gouvernement s'était engagé à réduire de 50 % l'usage des pesticides agricoles avant 2002, objectif qui a connu un échec cuisant. Il est inquiétant de constater que Québec s'engage, pour la seconde fois, vers un autre échec, n'étant pas sur la voie d'atteindre ses objectifs de réduire de 25 % les risques liés aux pesticides pour l'environnement et pour la santé des Québécois d'ici 2021. Une inefficacité que le Commissaire au développement durable du Québec dénonçait vertement dans son rapport annuel de juin dernier.

Devant ces échecs, le gouvernement Couillard lançait en novembre 2015 la Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018, dont l'objectif est de réduire l'utilisation des pesticides les plus à risque tant en agriculture qu'en milieu urbain. La stratégie prévoit aussi la modernisation de la Loi sur les pesticides et du Code de gestion des pesticides.

Plusieurs des pesticides qui seront réglementés par Québec sont suspectés d'avoir des impacts inquiétants pour la santé humaine et l'environnement. C'est le cas de l'atrazine, qui est reconnu comme un perturbateur endocrinien et dont les impacts sur les amphibiens sont bien documentés. Des liens sont également suspectés entre l'exposition à l'atrazine et des retards de croissance intra-utérine chez l'humain. L'atrazine est interdite dans l'ensemble de l'Union européenne depuis 2004, mais toujours utilisée au Québec et au Canada. Dans un rapport publié récemment, l'Association canadienne des médecins pour l'environnement s'inquiétait de la réglementation des pesticides utilisés dans les jardins, pelouses et lieux intérieurs dans les provinces, où le Québec, auparavant un leader, faisait piètre figure.

La modernisation du cadre légal et réglementaire entourant les pesticides au Québec, d'abord prévue à l'hiver 2016, tarde toutefois à être soumise à l'Assemblée nationale, des délais qui n'augurent rien de bon. Cette situation a assez duré et nous demandons au gouvernement du Québec d'agir avec diligence pour protéger adéquatement la santé et l'environnement des Québécois.

Sidney Ribaux, directeur général d'Équiterre

Dr Jean Zigby, président de l'Association canadienne des médecins pour l'environnement

Karel Mayrand, directeur général pour le Québec, Fondation David Suzuki 

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