Combien vaut un permis pour Uber?

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Il n'est pas rentable pour l'État québécois de déréglementer l'industrie du taxi, estime l'auteur.

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Cela paraît irréaliste qu'un bout de papier sur lequel est inscrit un nom de propriétaire, numéro de permis et de voiture coûte autant. Impossible pour le citoyen lambda de comprendre qu'il faut débourser des milliers de dollars pour faire carrière de chauffeur de taxi. Et pourtant, selon le ministre des Transports, il se transigerait en moyenne 500 permis par année. Comprenez bien : 500 transferts de propriété, à ce prix fou.

Mais alors, que vaut réellement ce permis, ce droit délivré par l'État québécois?

Dans le système de gestion de l'offre que l'État québécois a instauré dans le taxi, le permis vaudrait l'actualisation des revenus futurs que le chauffeur pourra réaliser moins tous les coûts engagés pour gagner ce revenu. Pour simplifier, imaginez que si les Nordiques reviennent, la valeur de ce permis devrait croître parce qu'il y aurait beaucoup d'achalandage.

Et Uber dans tout ça?

Si on fait abstraction du faux débat binaire (Uber ou taxi?), dans lequel on fait amalgame de toutes notions - émotions, politique et justice - pour masquer les vrais enjeux de la multinationale (on divise toujours pour régner), on se rend compte que le permis d'Uber coûtera beaucoup plus que 200 000 $.

Faites vous-même le calcul : un chauffeur d'Uber payé 20 % de son chiffre d'affaires. Si vous majorez les frais d'exploitation d'Uber à 10 %, vous vous rendez compte que le permis de propriétaire de taxi coûterait 10 % de toutes vos dépenses en déplacement par Uber. Vous trouverez que le permis (droits ou achalandage) va nous coûter cher et surtout que Monsieur Uber peut augmenter les redevances à sa guise sans que l'État québécois n'aie la possibilité d'intervenir : si aujourd'hui Uber facture au chauffeur 20 %, rien ne lui empêche de demander 30 % voire 40 %, tout dépendra du nombre de chauffeurs connectés à la plateforme.

En regardant tout cela, il n'est pas rentable pour l'État québécois de déréglementer l'industrie du taxi s'il n'y a pas d'offre supérieure au coût d'expropriation des ayants droit (propriétaires artisans locaux).

En passant, il est pitoyable de voir le gouvernement Couillard offrir un nombre indéterminé supérieur à 300 permis, soit une subvention de 60 millions $ à Uber dans un fiasco de projet-pilote tout en sachant que 24 000 emplois réguliers seront perdus.

Monsieur Couillard, c'est tout simplement immoral.

Jean-Marie Ndayishimiye, chauffeur de taxi, Québec

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