À Gatineau, une clinique de McGill

Le premier ministre Philippe Couillard en compagnie du... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le premier ministre Philippe Couillard en compagnie du doyen de la faculté de médecine de l'Université McGill, le Dr David Eidelman

Patrick Woodbury, LeDroit

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Point de vue
Le Soleil

L'expertise de McGill n'est pas en cause, sa réputation est acquise depuis longtemps. Il semble donc que l'ouverture à Gatineau d'une clinique de médecine familiale soit un événement d'importance que M. Couillard soulignera en personne.

Pourtant, n'y a-t-il pas lieu de craindre une autre avancée de l'anglais sur un territoire déjà grugé à l'anglais en permanence par la présence du fédéral et celle d'une croissante immigration anglaise et bilingue, porteuses de la même menace?

Surtout, le plus menaçant est l'inconscience nationale des libéraux québécois et, hélas! de celui sur lequel les Québécois devraient compter au premier chef comme le défenseur vigilant de l'appartenance de l'Outaouais à un Québec français, le premier ministre Couillard. À part quelques déclarations de façade, quand l'évidence crève les yeux, à savoir l'anglicisation d'importantes parties du territoire québécois, dont l'Outaouais, M. Couillard semble n'accorder, de façon constante, aucune importance à ce problème fondamental qui touche à la nature même du Québec, et à sa survie comme entité française en Amérique.

En honorant de sa présence une institution prestigieuse, M. Couillard devrait souhaiter fermement, et y veiller dans ses décisions administratives, que la future Clinique de Médecine familiale fonctionne, significativement, comme une école française de langue et de personnel.

Quant à l'Université Mc Gill, cette grande institution devrait se montrer sensible au cas particulier de l'Outaouais et mettre son honneur à joindre à sa haute compétence médicale une conscience linguistique et sociale de même niveau.

Le fameux bilinguisme dont se targuent verbalement les dirigeants fédéraux comporte aussi le devoir de maintenir une égalité réelle entre les langues officielles, ce qui induit un traitement réparateur en faveur du français, là où il est le plus fortement compromis, c'est-à-dire à peu près partout. Sans doute est-il plus facile de parler des droits de la personne à Pékin que de défendre le français à Ottawa!

Hubert Larocque, Gatineau

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