Une réforme attendue en histoire

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Contrairement aux propos alarmistes de certains détracteurs du nouveau programme d'histoire du Québec et du Canada, il est bon de rappeler que la majorité des écoles du Québec ont opté pour la mise en oeuvre de ce programme dès cet automne parce qu'il répond aux attentes pédagogiques des enseignants d'histoire.

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Le Soleil

En réaction au texte «Inepties et faussetés concernant l'enseignement de l'histoire», paru le 20 août

Contrairement aux propos alarmistes de certains détracteurs du nouveau programme d'histoire du Québec et du Canada, il est bon de rappeler que la majorité des écoles du Québec ont opté pour la mise en oeuvre de ce programme dès cet automne parce qu'il répond aux attentes pédagogiques des enseignants d'histoire. L'approche chronologique sur deux ans avec une coupure en 1840 et la redéfinition des compétences pour mieux tenir compte de la réalité dans les classes sont particulièrement bienvenues.

Il ne s'agit donc pas d'un obscur complot de méchants nationalistes québécois qui veulent embrigader les élèves, mais bien d'enseignants professionnels qui souhaitent amener les élèves à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent en regard de l'héritage façonné par ceux qui nous ont précédés.

Pour y arriver, le programme propose «d'amener les élèves à acquérir des connaissances sur l'histoire du Québec et du Canada, à développer les habiletés intellectuelles liées à l'étude de l'histoire et à développer des aptitudes critiques et délibératives favorables à la participation sociale». Cette intention pédagogique est tout à fait louable et en lien avec l'évolution de l'enseignement de l'histoire. On y aborde l'histoire du Québec et du Canada sous tous ses aspects, économique, politique, social et culturel. Il est donc inapproprié de parler de recul dans l'enseignement de l'histoire ou de programme conservateur et il ne faudrait pas faire de procès d'intention sur le dos des enseignants qui ont réclamé cette réforme.

Aussi, il ne faut pas non plus confondre histoire nationale et histoire nationaliste. À l'instar d'autres pays, tels la France, l'Allemagne, les États-Unis ou la Chine, il est normal de parler de la nation lorsqu'on aborde l'histoire. Il est temps de mettre un terme à l'utilisation abusive de l'épouvantail du nationalisme pour décrier cette réforme. En tenant compte des développements de l'historiographie, les versions actuellement en expérimentation un peu partout au Québec tendent vers un idéal d'objectivité dans l'étude de l'histoire du Québec et du Canada; il faut donc poursuivre dans cette voie. Tout cela suscite un enthousiasme évident chez un fort grand nombre d'enseignants.

Raymond Bédard, président de la Société des professeurs d'histoire du Québec (SPHQ) et enseignant au secondaire

Félix Bouvier. historien et didacticien, vice-président de la SPHQ et professeur titulaire à l'UQTR

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