Le troisième lien comme vecteur d'enlaidissement?

Un troisième lien entre Québec et Lévis augmenterait... (Photothèque Le Soleil, Graph Synergie)

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Un troisième lien entre Québec et Lévis augmenterait notre dépendance à l'automobile, estime l'auteur.

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Point de vue
Le Soleil

Nous sommes aujourd'hui de plus en plus sensibilisés aux inconvénients de l'étalement urbain qu'implique l'ajout de routes et d'autoroutes comme solution à la congestion urbaine.

En effet, ce développement axé sur le «toute auto» accroît toujours notre dépendance à l'automobile, recule et réduit de plus en plus la surface des terres cultivables et des terres sauvages, augmente la pollution des cours d'eau, amplifie la sédentarité chez les banlieusards, appauvri la culture urbaine et augmente la densité du trafic automobile à moyen terme. Néanmoins, la culture du «toute auto» propose un autre revers, rarement commenté, mais si flagrant. Peut-être nous y sommes-nous habitués avec le temps? Voici un indice : avez-vous déjà pris des photographies de Lebourgneuf? Avez-vous déjà eu le goût d'aller faire une promenade en famille aux abords du Costco à Lévis? C'est maintenant un fait avéré que la ville aménagée pour l'automobile a créé des horreurs urbaines. Le plus triste, c'est que le phénomène se produit aujourd'hui à une amplitude mondiale. Ainsi, les développements axés que sur l'auto font naître des villes sans âme ou les stationnements se multiplient, des boîtes de crépis grises et beige se construisent ici et là et entre les deux, des bandes de gazon mal entretenues nous rappelle qu'il avait peut-être jadis un paradis naturel qui fut rasé pour ces développements poubelles (power center). Non, la ville axée sur l'automobile n'offre qu'un paysage désolant et déprimant au citoyen contemporain.

Pourtant, nos ancêtres ont su créer des milieux de vie riches, beaux, agréables et conviviaux que nous sommes aujourd'hui incapables de reproduire. Une marche dans le Vieux-Québec saura vous convaincre. La clé de leur succès était peut-être dans le fait que la ville d'alors n'était pas pensée pour l'automobile.

Mon point ici n'est pas de bannir la voiture de nos vies contemporaine, mais bien plus de nous faire réfléchir collectivement afin que nous prenions les meilleures décisions à long terme. Pourquoi ne pas tenter l'expérience de faire naître des milieux de vie agréables qui pourraient être à la fois tout aussi conviviaux et séduisants pour le piéton, le cycliste que l'automobiliste. Certaines villes ont déjà pris ce pari, dont Portland aux États-Unis. Je crois qu'il est criant à Québec que l'on songe au transport du XXIe siècle. La culture du «toute auto» est dépassée, ayons l'audace d'offrir une vision qui assurera le développement d'une ville agréable, séduisante et à l'échelle humaine. Dans ce sens, le service rapide par bus, comme solution de transport interrives est un sérieux début pour la problématique des ponts, qui à un moindre coût qu'un tunnel, aura l'effet de réduire la congestion, canaliser l'étalement urbain et assurer l'embellissement des boulevards de la rive sud comme ceux de la rive nord.

Antoine Guy, architecte, Québec

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