La place de l'Église, et des églises, au Québec

L'Église demeure porteuse de sens, porteuse du sacré,... (Archives La Presse)

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L'Église demeure porteuse de sens, porteuse du sacré, mais elle doit redéfinir sa façon de rejoindre ses «fidèles», indique l'auteur.

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Le Soleil

Dans l'histoire du Québec, l'Église catholique a joué un rôle essentiel à plusieurs niveaux: la vie sociale, l'éducation, la santé, la famille, les valeurs. Le village se développait autour de l'église, les écoles et universités ont profité des religieux et membres du clergé, les hôpitaux ont été bâtis et administrés par les communautés religieuses.

Le curé était, en plus d'être célébrant aux offices et guide spirituel, parfois notaire, parfois psychologue, parfois gestionnaire, souvent le conseiller dans les affaires ou en soutien à des personnes en détresse. Les actions n'ont pas toujours été respectueuses, sensées, réfléchies; il y a eu des erreurs, il y a eu des succès aussi et, tout compte fait, le Québec est devenu une nation fière, prospère, croyante, énergique, unique en terre d'Amérique grâce, en partie, à la présence de l'Église.

Mais les choses ont changé, évolué, et la société a pris ses distances de l'Église en se laïcisant pour poursuivre son développement. L'Église doit maintenant réduire son rôle à sa vocation première d'être le pont entre le divin et l'humain. C'est évident que je simplifie la situation. Et les églises? Chaque village, chaque paroisse avait son église, son clocher qui l'identifiait et était le lieu de rassemblement, lieu où les personnes venaient se ressourcer, prier et se retrouver pour jaser, partager joies et peines, maintenir ce sentiment d'appartenance à leur communauté.

Parfois, ce sentiment est devenu de l'orgueil et nous avons construit des temples souvent trop grands. Là aussi les choses ont évolué et les lieux de rassemblement se sont diversifiés dans la communauté. Progressivement, les églises se vident. L'Église a perdu de son panache et du pouvoir sans trop savoir comment réagir et adapter ses pratiques au changement des habitudes de ses ouailles. On croyait la pratique religieuse éternelle mais, en quelques décennies pendant la révolution dite tranquille, les choses ont basculé.

Les valeurs, les priorités, les comportements sont aujourd'hui différents. L'Église demeure porteuse de sens, porteuse du sacré, mais elle doit redéfinir sa façon de rejoindre ses «fidèles». Aussi, les curés se font plus rares et plusieurs sont âgés. Le Québec redevient un pays à la recherche de missionnaires, une Église missionnaire, une Église en mission soucieuse d'un accompagnement différent à offrir à ses fidèles en quête de spiritualité. Les laïcs seront appelés à participer davantage à la mission et la gestion des églises, lieux de culte, devra se redéfinir aussi.

Pas facile, ce qui est à faire! Il faudra se faire confiance, avoir une foi nouvelle, une pédagogie nouvelle, créer des gestes de prière différents et mieux adaptés, revitaliser la pratique religieuse qui, de tout temps, est un besoin chez les humains, du moins chez celles et ceux qui ont la foi.

André Drapeau, Saint-Roch-des-Aulnaies

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