Qui sont ces gens qui osent se couvrir?

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Il est non seulement irrespectueux mais illogique de demander aux autres de changer de façon draconienne leurs us et coutumes alors que nous nous accrochons fanatiquement aux nôtres, estime l'auteur.

La Presse canadienne

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Point de vue
Le Soleil

Compassion, sollicitude, compréhension et empathie sont pourtant des vertus qui sont lourdes de sens et dont la portée peut être infiniment large! Mais nos réactions à toutes sortes d'événements témoignent d'une difficulté à saisir notre propre souffrance et notre propre confusion.

Nous sommes prompts à condamner ceux et celles qui manifestent de la vulnérabilité, ceux qui sont différents, qui n'épousent pas nos valeurs (religieuses, culturelles, professionnelles, familiales...) même celles qui ne s'habillent pas comme nous lorsqu'elles vont à la piscine ou à la plage. Je fais référence ici à la polémique, ou récupération politique, au sujet du port du burkini lors de la baignade.

Nous voudrions qu'elles changent, qu'elles évoluent, comme si nous avions le secret de l'épanouissement personnel. Pourtant, au Québec, malgré nos nombreuses qualités, nous n'avons pas le monopole de la sagesse ou de l'actualisation. Nous ingurgitons des médicaments (psychotropes) plus ou autant que les pays les plus médicamentés au monde; nos enfants d'âge préscolaire passent près de 12 heures par jour dans des centres dont ils sont prisonniers; nos couples se mettent de la pression et se déchirent pour assouvir des aspirations matérielles et sociales aussi illusoires que variées; notre taux de suicide est l'un des plus élevés au monde.

Non, nous ne sommes pas plus sages que les autres. Le problème, c'est que nous pensons l'être. Le problème, c'est que nous oublions que nous sommes tous - peu importe nos origines et notre culture - des humains, et que l'existence est fondamentalement angoissante. Nous oublions que ce qui peut nous arriver de pire, c'est de nier que vivre, ou apprendre à vivre, est difficile et demande du temps et des efforts de compréhension.

Dans ce contexte, il est non seulement irrespectueux mais illogique de demander aux autres de changer de façon draconienne leurs us et coutumes alors que nous nous accrochons fanatiquement aux nôtres. La vie est magnifique, et nous devons la célébrer, mais pour y arriver, il nous faut exercer notre valeur la plus haute, notre plus grande dignité: celle d'être simplement humains. Notre humanité est, en définitive, la seule «arme» contre la violence et le terrorisme, et ce, tout simplement parce qu'elle est compréhension, compassion, sollicitude, empathie et, de ce fait, inclusion et... paix.

Jean-Louis Drolet, psychologue clinicien et professeur à l'Université Laval, Québec 

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