Tablettes à l'école : l'accessibilité et l'équité doivent primer

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Qui doit payer les tablettes tactiles et autres technologies dans les écoles?

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Le Soleil

(Québec) Qui doit payer les tablettes tactiles et autres technologies dans les écoles? Le débat a été relancé il y a quelques jours alors que la mère d'un adolescent fréquentant l'école Le Sommet à Québec s'est plainte que l'achat d'une tablette iPad soit exigé par l'école. Le ministère de l'Éducation lui a donné raison. En effet, selon lui, la Loi sur l'instruction publique accorde à l'élève le droit à la gratuité du matériel didactique requis pour l'enseignement, ce qui inclut les tablettes lorsqu'elles sont exigées par l'école (Le Soleil, 8 août 2016). Un compromis a finalement été proposé pour les familles qui ne veulent pas ou ne peuvent pas débourser les sommes requises (Le Soleil,15 août 2016).

Il s'agit là d'un des multiples enjeux que soulève l'utilisation des technologies de l'information et de la communication en éducation (TICE). L'an dernier, la Commission de l'éthique en science et en technologie mandatait sa commission jeunesse (CEST-Jeunesse) pour prendre position sur ces enjeux. Voici quelques pistes de réflexion issues de ces travaux.

• Éviter les effets de mode

La popularité de certaines technologies en dehors des écoles, comme c'est le cas des tablettes tactiles, ne doit pas aveugler les décideurs au moment de faire des choix technologiques dans les écoles. Pour être acceptables, les TICE doivent apporter une plus-value à l'enseignement, et leur utilisation doit être soutenue par des recherches rigoureuses. Bonne nouvelle, une étude récente de l'Université de Montréal montrait des avantages importants de l'utilisation de la tablette à l'école Le Sommet.

Il faut néanmoins s'assurer de bien pallier les problèmes potentiels, comme l'augmentation de la distraction que peuvent susciter les technologies «multitâches».

• Assurer l'équité entre les élèves, les régions, le public et le privé

La capacité à utiliser les TIC est une compétence essentielle dans le monde actuel. Des disparités importantes entre les individus existent, tant dans l'accès au matériel informatique que dans les compétences nécessaires pour l'utiliser à son plein potentiel. Cette «fracture numérique» entre les individus est une des formes d'inégalité sociale que l'école devrait chercher à atténuer.

L'utilisation des TIC en classe doit être réfléchie avec ce principe en tête. On peut s'inquiéter que les technologies soient peu accessibles pour les familles moins fortunées, en raison de leur coût parfois important. En effet, ce ne sont pas toutes les familles qui ont les mêmes moyens financiers. Cela soulève également des enjeux concernant l'allocation des ressources du système scolaire. Il faut éviter de créer un système d'écoles à deux vitesses où l'école publique est encore le parent pauvre face à l'école privée. Priorisant l'accessibilité du matériel aux élèves et le respect de la capacité de payer du système public, la CEST-Jeunesse propose trois solutions.

Premièrement, que les enseignants prennent en considération que ce ne sont pas toutes les familles qui ont les mêmes moyens technologiques disponibles à la maison pour réaliser les travaux et devoirs. Conséquemment, que les travaux à la maison soient adaptés pour ne pas désavantager celles qui ne disposent pas du matériel dernier cri.

Deuxièmement, que le ministère de l'Éducation encourage l'implantation dans les établissements scolaires de logiciels libres, notamment pour générer des économies qui pourront être réinvesties ailleurs.

Troisièmement, que le ministère de l'Éducation fasse en sorte que, là où cela est possible, soit instauré un partage de TICE (matériel et logiciel) entre les établissements scolaires, pour atténuer les inégalités entre ces établissements, par exemple au moyen de licences nationales.

• Miser sur l'acquisition de compétences technologiques transférables

La CEST-Jeunesse souhaite aussi que l'on mise avant tout sur l'appropriation de la technologie, bien au-delà de la formation à ses aspects techniques. Cela vaut autant pour les élèves que pour les enseignants. Chacun devrait être en mesure d'effectuer un retour critique sur la technologie et être le plus autonome possible par rapport à celle-ci.

• Consulter l'avis L'éthique et les TIC à l'école : un regard posé par des jeunes, 2015, 34 pages

La CEST a pour mission de conseiller la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation sur toute question relative aux enjeux éthiques liés à la science et à la technologie.

Elle tient tous les deux ans une commission jeunesse réunissant des étudiants au collégial et portant sur un thème qui les préoccupe, de manière à les sensibiliser à l'éthique et à enrichir de leur perspective particulière le débat public.

Édith Deleury, Présidente

Commission de l'éthique en science et en technologie (CEST)

Charbel Abi-Saad, Président de la CEST-Jeunesse 2015

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