Le Canada et le Québec à Rio

On se souvient de la fable de La Fontaine, Le loup et l'agneau (I, 10).... (AP, Luca Bruno)

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AP, Luca Bruno

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Le Soleil

On se souvient de la fable de La Fontaine, Le loup et l'agneau (I, 10). Un agneau boit dans un ruisseau bien innocemment. Un loup survient en aval et feint de boire à son tour. Comme il veut dévorer l'agneau et qu'il l'a décidé sans appel, il accuse l'agneau de troubler son eau, ce qui est bien impossible vu sa position sur le cours de l'eau, et de plusieurs autres crimes imaginaires.

On a vu récemment quelques défenseurs du fédéralisme, probablement mandatés et payés de haut, feindre de s'enflammer contre la gent «souverainiste». Le crime de celle-ci : avoir souhaité que les athlètes québécois, présents à Rio, ne soient pas confondus dans la masse des provinces anglaises et que leur origine québécoise soit bien soulignée. La suggestion ironique de les voir monter au podium enveloppés par le fleurdelisé au lieu du rouge unifolié a été qualifiée, au premier degré, de «dérapage souverainiste», de crime de lèse-Canada. Pourtant, du même souffle, ces vierges offensées reconnaissaient que les Jeux de Rio étaient, entre autres et surtout, une opération de promotion de l'identité canadienne et par conséquent de l'effacement du Québec.

On peut sans doute déplorer que les athlètes québécois en soient réduits à se travestir en «canadiens» pour accéder à la notoriété internationale. Au lieu de présenter comme un crime, on se demande bien lequel, le fait de le constater, un journaliste honnête devrait souligner que cette situation découle du statut politique du Québec et que ledit statut implique une responsabilité collective dont nul, y compris les athlètes, ne saurait s'innocenter complètement.

Est-il besoin d'énoncer que le voeu d'un certain commentateur, à savoir que, pour la durée des Jeux, l'on fasse trêve de «querelles» en laissant tout le champ libre au fédéral, qu'y cesse toute vision critique, que l'on s'agenouille dans une aveugle et exclusive adoration du podium, est d'une parfaite et superlative partialité? Il s'agit d'un laissez-passer sans limites, d'une permission sans frein à l'absolutisme de la propagande canadienne. «Tu troubles mon eau!»

Hubert Larocque, Gatineau

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