Une mission innovante pour les terres des Soeurs de la Charité

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Les terres des Soeurs de la Charité, si elles étaient reprises par un fermier qui se lançait dans le bio selon le modèle développé à Hemmingford, auraient bien des clients, croit l'auteure de cette lettre.

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Le Soleil

On le sait tous, un débat persiste à Québec sur la question des terres des Soeurs de la Charité depuis qu'un promoteur a acheté ces terres à la fin de l'année 2014. Beaucoup estiment que ces terres, qui ont toujours été exploitées depuis le début de la colonie pour en nourrir les habitants, devraient être préservées, car le Québec ne compte qu'un très petit pourcentage de terres agricoles, soit 2 % de son territoire. C'est la position de l'Union des producteurs agricoles (UPA) qui a milité contre le dézonage de ces terres. L'UPA a été appuyée par plusieurs groupes environnementaux, des groupes citoyens et des citoyens.

Le dézonage de ces terres agricoles doit donner lieu, selon le promoteur, à un développement immobilier important, soit 6500 unités d'habitation et des commerces, et ce, d'ici une quinzaine d'années. Les bénéfices de la vente des habitations doivent être versés à la Fondation Famille Jules-Dallaire qui devrait poursuivre les oeuvres des Soeurs de la Charité de Québec.

La Ville de Québec appuie cette initiative en raison de prévisions démographiques. Elle estime que pour les 20 prochaines années, elle accueillera sur son territoire près de 100 000 personnes additionnelles. C'est à partir de ces prévisions qu'a été élaborée la version préliminaire du Schéma d'aménagement et de développement de l'agglomération de Québec, rendu public à la fin du mois de mai. Malgré le fait qu'il reste encore bien des terrains à développer sur le territoire de la Ville, l'équipe au pouvoir entend faire les démarches rapidement pour que ces terres ne soient plus zonées agricoles.

Des questions se posent à ce sujet. Pour quelles raisons ce promoteur ne peut-il envisager aucune autre voie de développement pour ces terres que l'immobilier? Pourtant, d'autres promoteurs font des choix différents dans la perspective d'assurer l'accès à une alimentation saine, si on se fie à l'article paru dans La Presse le 12 août, intitulé «Bio et rentable». André Desmarais a décidé de soutenir une initiative très intéressante à Hemmingford, la Ferme des Quatre-Temps. Les responsables en sont Jean-Martin Fortier, agriculteur québécois devenu une célébrité internationale dans le domaine du bio, et Eliot Coleman, une sommité de l'agriculture bio en climat froid. L'objectif de M. Desmarais est que les produits bio soient totalement concurrentiels avec ceux de l'agriculture traditionnelle. 

Enfin, pour rentabiliser la ferme, une des pistes qui seront explorées, c'est l'agriculture d'hiver. La saison couvrirait alors 10 mois sur 12. À cette ferme s'est ajoutée une cuisine de pointe afin que les surplus soient transformés sur place avec des recettes axées sur la maximisation de la valeur nutritive, ce qui permettra de les vendre avec une valeur ajoutée.

M. Desmarais s'affaire au développement d'outils financiers pour aider les jeunes qui souhaiteraient s'installer dans une ferme.

Cette voie du bio paraît intéressante et répond à plusieurs des besoins exprimés dans la communauté. On est tous préoccupés de l'accès à des aliments sains. C'est d'ailleurs dans cette perspective que deux tendances prennent de plus en plus d'importance dans le marché de l'alimentation : l'achat local et le bio. Les terres des Soeurs de la Charité, si elles étaient reprises par un fermier qui se lançait dans le bio sur le modèle développé à Hemmingford, auraient vraisemblablement bien des clients. Non seulement parmi les restaurateurs, comme c'est le cas pour la Ferme des Quatre-Temps, mais également des citoyens qui y trouveraient leur compte en pouvant faire confiance à la qualité de ce qu'ils achètent.

Est-ce que les décideurs de Québec pourraient avoir cette audace et dépasser le modèle classique du promoteur qui n'a que le développement immobilier dans sa mire? Comme citoyenne, je le souhaite et sans doute est-ce le cas d'un bon nombre de citoyens de la région.

Nicole Moreau, Québec

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