Orphelins d'un système électoral dépassé

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Le Soleil

Votre mouvement se dessine autour de personnes qui se sentent mal représentées par la classe politique québécoise actuelle. Bien qu'un de vos chefs de file se soit trouvé une famille politique et qu'il se présente à la chefferie du PQ, vous persévérez à rechercher une appartenance politique. Vous faites également le constat que si les choses ne changent pas, le Parti libéral risque d'être reporté au pouvoir encore longtemps, compte tenu de la concentration du vote libéral chez les anglophones et allophones et de l'éparpillement du vote francophone auprès des autres partis.

Comme vous le savez, notre système électoral britannique est basé sur le bipartisme, et aussitôt qu'apparaissent de nouvelles formations politiques, cela crée souvent des distorsions importantes au niveau de la représentation des idées qui sont étouffées par le parti majoritaire ayant obtenu la moitié plus un des sièges. C'est ce que nous vivons présentement. Le Parti libéral, avec moins de 50 % (41,52 %) du vote populaire, gouverne en dominant grâce à sa «majorité» alors que les partis d'opposition ont obtenu plus de la moitié du suffrage exprimé.

D'ailleurs, le Québec a connu des aberrations électorales notoires dans le passé. En effet, en 1966, l'Union nationale obtenait 56 députés avec 40,82 % du vote, et les libéraux de Jean Lesage devenaient l'opposition officielle avec 50 députés, en ayant obtenu 47,29 % du vote. Plus près de nous, lors de l'élection de 1998, le PQ raflait la mise : 76 députés avec un appui populaire de 42,87 %. Quant à lui, le Parti libéral avec un pourcentage de vote supérieur (43,55 %) faisait élire seulement 48 députés.

Dans ce contexte, vous, orphelins politiques, souhaitez-vous la création d'un nouveau parti? Si oui, vous contribuez à nourrir la bête... Notre système électoral est dépassé. Il ne tient pas compte de la volonté populaire. Si chaque vote compte au moment de l'élection, qu'en est-il après? Ce choix électoral devient caduc, puisque les seuls qui voient leurs idées au pouvoir sont ceux dont le parti occupe la position gouvernementale. Les autres, souvent majoritaires, font du surplace en attendant la prochaine élection.

Il est donc impérieux de se concerter pour revoir notre mode de scrutin et rechercher des alternatives. L'une de celles-ci pourrait être une forme de représentation proportionnelle mixte compensatoire qui assurerait, au lendemain du scrutin, une présence démocratique du vote exprimé. Une élection ne devrait plus être une course de chevaux, dont le seul gagnant est le cheval de tête. Chaque vote devrait pouvoir compter et être reconnu dans la députation. Ainsi, vous, orphelins politiques, seriez moins nombreux à rechercher une niche partisane d'adoption.

Marcel Perron, Neuville

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