Avons-nous le courage de notre liberté?

Le printemps érable en 2012... (Photothèque Le Soleil)

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Le printemps érable en 2012

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Le Soleil

La prémisse de l'austérité est de couper, de réduire et de restreindre afin de se donner les moyens de rebâtir plus tard... Assez ironique, quand l'on y songe.

Mais ça souligne quelque chose de bien plus dramatique : le manque de vision et de courage d'une classe politique qui ne semble pas capable de faire deux choses simultanément - surveiller ses dépenses et créer, bâtir, ne fût-ce que prendre des risques pour des projets novateurs, pour entrer dans le XXIe siècle.

Comble de l'ironie, ces politiciens, en «bons pères de famille», déclarent sur toutes les tribunes qu'ils souhaitent atteindre le déficit zéro pour permettre à la jeunesse d'avoir une marge de manoeuvre plus tard, pour ne pas leur léguer une dette oppressante... Cette rhétorique me laisse perplexe et souligne le paternalisme méprisable du Québec actuel. Nous ont-ils simplement consultés pour savoir quel type de Québec nous voulions pour le présent et pour le futur? Quelle voie emprunter pour y accéder? Printemps 2012 et 2015 donnent la réponse officieuse à cette question et posent le constat suivant : nous décidons pour vous, les jeunes, jusqu'à ce «plus tard» non défini. Le dialogue intergénérationnel est rompu, s'il a seulement déjà existé.

Mitterrand disait en 1968 : «Si la jeunesse n'a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort.» Quelques années plus tard, Harmonium chantait son célèbre On a mis quelqu'un au monde, on devrait peut-être l'écouter, lorsque plusieurs des politiciens actuels représentaient la jeunesse de cette époque.

Nous faisons souvent allusion à notre devise, Je me souviens, en nous disant que nous avons oublié... Au contraire, le problème aigu, c'est que nous n'avons probablement jamais su. Pendant ce temps, nous chantons toujours, sans méditer les paroles, dans nos voitures et nos salons, alors que certains universitaires et intellectuels sonnent l'alarme. Avons-nous toujours les moyens d'écouter ces avertissements? En avons-nous simplement le désir? L'année 2016 s'écoule sur ces perspectives sombres d'un avenir incertain pour une population léthargique.

En ces mêmes lieux, mais en d'autres temps, Jean-Paul Desbiens (Frère Untel) faisait cette sage remarque encore pertinente aujourd'hui pour le politicien et le citoyen : «Mon idée à moi, c'est que nous sommes plus libres que nous ne le pensons; c'est pas la liberté qui manque, c'est le courage de prendre les libertés que l'on a.»

Samuel Carle, Bachelier en histoire de l'Université Laval

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