Chefferie du PQ : que ferez-vous du projet de loi 106?

Jean-Francois Lisée, Véronique Hivon, Raymond Archambault, Martine Ouellet,... (OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Jean-Francois Lisée, Véronique Hivon, Raymond Archambault, Martine Ouellet, Paul Saint Pierre Plamondon et Alexandre Cloutier

OLIVIER JEAN, LA PRESSE

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Le Soleil

Une course à la chefferie incite les prétendants à se précipiter sur la piste en évitant tout obstacle potentiellement nuisible au temps de passage. Sourire aux lèvres, on en profite pour y aller de ses plus belles paroles à la saveur du mois dans des habits à la couleur du mois. Mais voilà que s'achève la tournée des cinq candidats du Parti québécois (PQ) dans l'est du Québec sans que nous ayons entendu parler du projet de loi 106 dit de «transition énergétique» alors qu'il ouvre grande la porte aux pétrolières. Un projet de loi déposé en catimini à quelques minutes de la fin de la session parlementaire, juste avant les vacances, quoi! Une bonne vieille méthode libérale.

Est-ce que le futur ou la future chef du PQ se fera complice de ce gouvernement qui compte offrir un tour électrique de la Gaspésie, tout en laissant le centre se faire transformer en gruyère par de petites pétrolières sans le sou? Des juniors qui vont mettre en péril les vraies richesses naturelles de la Gaspésie que sont ses rivières, ses paysages à couper le souffle tant convoités. Le tourisme, la chasse et la pêche, ce sont des millions de dollars renouvelables annuellement, soit une valeur nettement supérieure aux 23 jours de consommation de pétrole pour le Québec qu'offrirait le site de Haldimand foré à quelque 350 mètres des résidences de Gaspé. Ce puits qui menace les sources d'eau potable. Vous pouvez fixer un prix pour cette eau essentielle à la vie? Et bien la compagnie Gastem l'estime à 1,5 million $ à Ristigouche et veut en faire payer le prix aux 168 habitants parce qu'ils veulent la protéger. Vous avez entendu un prétendant à la chefferie en parler?

Ce qui est dommage, c'est que ces petites pétrolières sont intimement dépendantes des fonds publics. Le gouvernement Couillard s'apprête à leur fournir le bunker avec les munitions leur permettant d'exproprier quiconque habiterait au-dessus d'un potentiel exploitable - aussi marginale que soit la ressource -, et ce, à son prix. N'ayez crainte, ces juniors disposeraient d'un gros 30 jours pour aviser la municipalité de ses intentions. On vous en a parlé pendant cette tournée?

Le projet de loi 106 que compte faire adopter le parti libéral cet automne (parions qu'il n'hésitera pas à utiliser le bâillon), c'est un peu ça. C'est jouer avec les mots afin d'en retarder sa compréhension. C'est maintenant parler de «complétion» plutôt que de «fracturation», de «raccordement à la canalisation» plutôt que de «pipeline».

Le PL 106 est un néant : les conditions seront déterminées par règlement. Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles dispose du plein pouvoir pour «s'entendre» avec l'exploitant qui ne sera pas obligé de se conformer, mais bien d'être «compatible» avec la loi. C'est un monstre né de la transformation de l'archaïque Loi sur les mines datant de 1880 et des consultations populaires où les participants ont nettement exprimé le contraire de ce que les libéraux ont mis sur papier. Bien sûr qu'il y aura commission parlementaire en août (pendant les vacances!), mais en consultant la liste des invités, on comprend vite que la place des groupes citoyens est très limitée. On y retrouve bon nombre d'organisations qui parlent le même langage désuet que les orientations passéistes du Parti libéral du Québec (PLQ).

Le projet de loi 106 mérite largement notre attention et impérativement celle des aspirants à la chefferie du Parti québécois. On parle ici d'un projet de loi «bar ouvert» qui pourrait changer à jamais l'image et la vie des Québécoises et Québécois, de celles et ceux qui souhaitent le retour d'outils de développement économique régionaux charcutés par le PLQ. Des outils qui mettent de l'avant les énergies propres.

À vous, chers prétendants et chères prétendantes, le temps est venu de vous imposer et de faire en sorte que ce projet ne devienne pas loi. À vous d'élever le discours afin qu'on n'accepte pas n'importe quoi à n'importe quel prix, en échange d'une poignée d'emplois. Le Québec peut et doit être un leader mondial en énergies renouvelables et en emplois dignes de notre époque. Reprenons nos lettres de noblesse en cessant d'alimenter ces exploitants de sous-sol qui n'en ont pas les moyens et qui se retireront en laissant derrière eux saletés et déchets, nous obligeant ainsi à remettre les mains dans nos poches pour nettoyer ce qui sera possible de nettoyer.

Allez, les candidates et candidats Ouellet, Lisée, Cloutier, Hivon et St-Pierre-Plamondon, on vous écoute! Que ferez-vous du projet de loi 106? Le laisserez-vous voir le jour sans rien dire?

Benoit St-Hilaire

Rimouski

Martin Poirier

Stéphane Poirier

Pour Non à une marée noire dans le Saint-Laurent

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